My Items

I'm a title. ​Click here to edit me.

Légendes et Vérités -tome 1- "Antique prophétie". Chapitre 2 : la lettre.

LES AVENTURES DE NATHAN DOYLE Chapitre 2 LA LETTRE Iréa, Terres sauvages, Arcane. 19 augustus 1954 Martha Doyle était une femme forte de caractère qui affrontait la vie avec robustesse. Malgré des péripéties houleuses, Martha ne se laissait jamais aller. Assise face à un vieux bureau en sylve, elle admirait le feu de bois qui crépitait dans la cheminée. L’odeur de fumée qui s’en dégageait était enivrante, et la lumière qui réchauffait l’intérieur de la chaumière était réconfortante. Pourtant, une crainte pouvait se lire sur son visage, malgré tout apaisé par la vie simple qu’elle menait. Elle tourna sa tête pour contempler à travers une petite fenêtre et admirer cinq petites filles qui s’amusaient à l’extérieur. Quatre appartenaient à son compagnon, Monsieur Félix, et la petite dernière était sa demoiselle de trois ans, qui se prénommait Marie. Martha laissa entrevoir un sourire en les regardant chahuter dehors comme des petites folles. Elle attrapait une plume quand un homme, son conjoint, entra dans la maison. – Martha, dépêche-toi !!! s’excita Félix gentiment. Tous les gens du village préparent la petite fête pour ton départ et en même temps l’anniversaire de Marie. C’est aujourd’hui que la petite célèbre ses trois annuels. – Oui, j’arrive chéri. Laisse-moi quelques minutes. J’ai besoin d’écrire cette lettre à ma fille avant de quitter le royaume, sinon elle n’aura aucune valeur dans le temps, termina Martha. Félix quitta les lieux et rejoignit les villageois dans un champ juste à côté. Martha reprit sa plume, la trempa dans un encrier noir et commença à rédiger sa missive sur une feuille de parchemin vierge. ***** Ma très chère Marie, Au moment où je t’écris ces lignes, je me trouve encore à Iréa, un des villages des Terres Sauvages à Arcane. Pourquoi cette lettre ? Car aujourd’hui tu as trois annuels, et ce jour du 19 mensis d’augustus de l’annuelle 1951, jour où tu es née, fut le plus beau à mes yeux. Je pense que quand tu la liras, tu auras perdu tout souvenir de notre monde d’origine. Et par ce courrier, j’espère te rappeler ces merveilleuses terres, ces cultures uniques. Aujourd’hui, tu ignores que nous venons d’un royaume pourvu de magies, d’un monde autre que celui que tu connais et dans lequel tu as grandi. Certes, les deux univers sont connectés depuis presque trois mille annuels à cause de nos dieux qui avaient créé trois clefs magiques, grâce à la pierre philosophale de Nicolas Flamel menant vers la Terre. Ils y ont apporté nos savoirs, nos croyances, nos légendes et des membres de nos peuples, pensant que les humains seraient ouverts d’esprit. Mais la réalité en fut tout autre. Les humains furent avides et rejetèrent tout ce qu’ils ne comprirent pas et qui dépassaient leur imagination. Il était temps pour nos dieux de revenir à Arcane, laissant les humains faire de notre culture des légendes, qu’ils relatèrent à leurs enfants à travers les siècles. Tout ça pour dire qu’Arcane me manque déjà. J’aimerais tellement y rester, mais cela m’est impossible pour l’instant. Nous avons appris par Merlin, l’Enchanteur du royaume, que les Serpents avaient lancé une quête afin de retracer toute la lignée des Doyle, et de retrouver celui dont parle la Prophétie. Cela fait deux mille annuels que les Clair de Lune vivent maintenant sur Terre, depuis cette grande guerre qui les opposèrent aux Serpents. Certains d’entre nous étaient restés. Notre lignée a survécu dans l’autre monde, mais tes grands-parents sont revenus ici-même, voulant finir leur vie sur leurs terres. Oui, les Clair de Lune sont un grand peuple de pouvoir, qui autrefois possédait les terres de la Contrée Royale, de la Contrée de la Crête, des plaines oubliées, des Terres Scellées et une partie de l’immense forêt de Cérynie. Aujourd’hui, toutes ces campagnes appartiennent au ministère des Ordres Magiques. Ils ont introduit la modernité dans ces parties du royaume, une modernité terrienne. Érymanthe est devenue la ville interconnexion, qui relie les deux mondes avec le train à vapeur Inter-Express par le biais de la porte intermondes ouverte il y a plus de deux mille annuels par Elianor Doyle, notre aïeule. Moi, j’ai toujours voulu rester chez nous. C’est d’ailleurs Félix qui m’a recueillie au sein de sa demeure de fortune. Nous nous sommes rencontrés au grand marché réputé de la ville de Bramical. Il venait de perdre sa femme, et avait besoin d’une dame de bonne famille pour l’aider à élever ses filles, Ciline, Arine, Dania et Kaÿla, qui sont presque devenues comme des sœurs pour toi, avec le temps. Moi je venais de perdre ton père, décédé lors d’une rénovation des rails du chemin de fer Inter-Express. Félix est un homme tendre et aimant : nous sommes devenus amants. J’ai vécu de bons moments avec lui et vous toutes. À l’instant où je t’écris ces lignes, Marie, je suis enceinte de Félix. Merlin m’a dit que j’aurai un petit garçon. Je pense l’appeler Erwan. Il sera donc ton demi-frère, mais là n’est pas le plus important. Par ailleurs, Dania adore le prénom d’Erwan et pense appeler un jour son fils pareillement. Nous serons tous bien lotis si nous appelons tout le monde de la même façon ! Oh, si tu voyais les Terres sauvages ! J’aimerais tant que tu y grandisses, et ton petit frère aussi quand il naîtra. Iréa est un bourg somptueux où d’autres peuples se mêlent aux Arvernes. Ses villages et ses champs produisent de bonnes céréales et de quoi subsister l’hiver au coin du feu. Nous sommes d’ailleurs devenus amis avec un faune du nom de Draffi. Pour moi, il est le meilleur pour produire les croustipains. Les croustipains sont une variété de pains arcaniens que nous mangeons souvent lors des grandes tablées fêtardes. Draffi sait rendre l’amour de son blé et utiliser la bonne eau de source de l’Ilurne. Il pétrit sa pâte avec affection et nous le ressentons dans le goût exquis de ses croustipains, un goût de mie tendre et odorante mélangé aux saveurs de viande de cerf faisandée au soleil automnal. La croûte encore fumante craque sous la dent... Quelle belle personne, ce Draffi ! Il est déjà triste de mon départ pour la Terre, et Félix encore plus par la même occasion. Il ne pourra pas voir naître son fils et j’en suis bouleversée. Un jour peut-être viendra-t-il dans l’autre monde, on ne sait jamais. Il n’y a jamais mis les pieds et ne le souhaite pas. Sur les conseils de Merlin, j’ai dû adopter une petite fille sur Terre, afin de camoufler ton identité. Elle est belle comme tout et se nomme Astride. J’espère que tu sauras la respecter comme une vraie grande sœur. Il me tarde de pouvoir l’accueillir au sein de notre famille. Je n’avais pas le choix : notre venue sur Terre était primordiale afin de te cacher, toi, celle qui mettra au monde l’enfant tant attendu par la Prophétie. Merlin est venu l’autre soir, afin de s’entretenir avec Félix et moi-même. Il soupçonne des choses horribles sur le retour d’un ancien seigneur Serpent d’autrefois. Mais faute de preuves, il ne souhaite rien révéler au ministère des Ordres et préfère garder le secret sur notre arrivée sur Terre. J’ai dû prétendre avoir trouvé un travail au Cirque solaire d’Angoulême (c’est une ville en Charente, dans le pays de la France, sur Terre) en tant que diseuse de bonne aventure. Une certaine Gilda Léonard, bohémienne de pouvoir, va devoir m’apprendre les techniques des jeux de cartes afin que je me fonde dans la masse du cirque. Oh, la Charente, cette magnifique contrée française de l’autre monde ! J’ai eu l’occasion d’y aller quelques jours afin de voir le lieu où nous allons vivre un certain temps. C’est un pays de bateliers. Ils utilisent encore d’étranges bateaux à fond plat, qu’ils appellant « gabares », je crois. Il paraît qu’autrefois, ils n’utilisaient que ça pour tout transporter. Ils faisaient tirer ces bateaux par des bœufs… J’aurais adoré connaître cette époque ! Aujourd’hui, ils utilisent le chemin de fer, comme chez nous. Mais les canaux sont toujours là, et quand on navigue dessus, on ne manque jamais de découvrir, au détour d’un méandre du canal, une petite maison de pierre blanche ou un village ancien. Et les fleurs ! Il y a des fleurs partout ! C’est si beau ! La Charente ressemble un peu aux Terres Sauvages. C’est un endroit presque hors du temps. Je suis heureuse que nous nous installions ici : j’aurai un peu l’impression d’être encore chez nous… Par la suite, j’aimerai reprendre la maison de mes parents, donc de tes grands-parents, en Dordogne, dans le Périgord. En tout cas, mon entrée dans ce cirque n’est pas anodine : il paraît que Gilda viendrait de la lignée de bohémiens qui ont modifié la Prophétie avec un sortilège, sous les ordres de Myrddin, l’enchanteur de l’époque, et aïeul de Merlin. Elle élève seule sa petite nièce du nom de Gwenda, qui a perdu ses parents, assassinés par des Serpents. J’aurai quelques années devant moi pour comprendre tout se qu’il se trame et en apprendre plus sur ce fameux sortilège qui serait, de source sûre, l’élément de la Prophétie qui nous permettrait de remporter cette guerre. Les bohémiens d’autrefois étaient formels à ce sujet. Merlin, de son côté, a décidé de mettre en place une résistance, au cas où les choses tourneraient mal. Je pense que c’est une bonne chose. Mais il paraît que Gilda Léonard, une fois sa mission accomplie, ne souhaiterait plus s’occuper des histoires des Clair de Lune. Elle ne voudrait pas mettre son peuple en danger, si toutefois la grande guerre annoncée par la Prophétie s’avérait vraie. Je peux comprendre sa décision : je ferais la même chose pour protéger les miens. Je ne peux t’en dire plus sur cette lettre. Félix m’a dit que je ne devais pas trop parler de notre entrevue avec Merlin, sous peine de dévoiler des secrets précieux. Nous quittons Iréa dès demain pour rejoindre Érymanthe, dans les Contrées de la Crête. Dans cette ville, nous prendrons l’Inter-Express, le train à vapeur qui rejoint l’autre monde. Nous allons gagner la ville de Lupercale, en Italie, et récupérer un ascenseur de voyage pour Angoulême. Sache que je t’aime plus que tout au monde. Ta maman, Martha Doyle

Légendes et Vérités -tome 1- "Antique prophétie". Chapitre 1 : Préludes.

LES AVENTURES DE NATHAN DOYLE Le monde tel que nous le connaissons est loin d'être utopique, sauf si votre destinée est frappée par l'enchantement d'une passion dévorante. Mais ce monde, qui n'est bâti que sur des illusions trompeuses, renferme les secrets enfouis qui refont surface. Vous découvrez alors le vrai visage des auteurs de votre existence et l'envers du décor de votre univers parfait. Mon existence n'était alors qu'un vaste songe éphémère, qui ne me montrait que la partie visible de mon histoire. Un rêve m'avertit de la mort de mes parents, et quand je me réveillai, je découvris la réalité : je pouvais voir les fantômes et leur parler. Je décidai de retourner dans les lointaines contrées charentaises, à Angoulême, afin de déceler la vérité sur la disparition de mes parents... Un sortilège commença alors à dicter ma destinée. Ma rencontre avec deux hommes bouleversera ma vie, et je ne tardai pas à découvrir la véritable identité de celui que j'aimais. Quand vous trouvez enfin l'amour, vous découvrez les chaînes de la passion dévorante frappée par cette destinée enchanteresse. Mon secret, que moi-même j'ignorais, fut révélé le jour de mes trente ans. Tel un échiquier géant, la reine se joue de vous et déplace les pions avec intelligence afin de ne dévoiler son jeu qu'au moment de l’échec. Mais attention, le roi n'est pas bien loin. Les nuages gris envahissent les cieux, signe d'un futur funeste qui s'annonce sombre et impitoyable. Nous sommes tous en proie au destin d'une prophétie ou d'un sortilège, clef clandestine aux pouvoirs dévastateurs. Parfois les apparences sont trompeuses et les ressemblances sont frappantes. Tel un miroir, vous comprenez pourquoi vous êtes la cible d'un affrontement proche de l'éclatement. Le compte à rebours avait déjà commencé : deux clans amorceraient bientôt le prélude d'une guerre. Choisissez votre camp, car la partie débute, mais le jeu ne fait que commencer. Un Seigneur Serpent referait bientôt surface. Il se cache, il attend son heure... Victor Darius est de retour ... Je m'appelle Nathan Doyle et laissez-moi vous raconter mon histoire... Chapitre 1 PRELUDES 2000 ans avant nos jours Il était une fois un royaume qui existait par-delà un autre monde, la Terre. Ce royaume portait le nom d’Arcane. Nous étions en 30 avant Romulus et Rémus. Une damoiselle, la princesse Elianor Doyle, s’était éprise d’un jeune homme nommé Victor Darius. Ils connurent la passion et vécurent ensemble un amour caché de tous. Car, oui, Victor Darius faisait partie de la confrérie des Serpents qui était sous le commandement de la communauté de sa très chère et tendre, les Clair de Lune. Le roi Clair de Lune, Arthur Doyle, interdisait de côtoyer les Serpents, devenus des esclaves car par le passé ils avaient essayé d’asservir le royaume. Leur seigneur avait été exécuté et leur ordre dissout. Seule une place au sein du ministère des Ordres Magiques semblait encore d’actualité, car tout peuple existant se devait d’y avoir un siège et un ministre. Mais un jour, le roi Clair de Lune découvrit cet amour et fit enfermer Victor au cachot du domaine royal dans la Contrée de la Crête. Celui-ci réussit à s’échapper grâce à l’aide de sa bien-aimée Elianor, qui lui avait caché sa grossesse et le laissa fuir. Pendant plusieurs mois et animé par un esprit de vengeance, Victor organisa un soulèvement des Serpents et devint le nouveau seigneur Serpent, en ressuscitant l’ordre. Caché dans les Terres Maudites et à travers les flammes des Monts de Feu, il constitua en secret des cohortes d’orcs, de lacertes et de dragons afin de prendre le contrôle total du royaume et devenir le seigneur absolu. Victor s’était alors perdu dans les méandres obscurs du Mal. Hadès, Arès et Éra lui avaient insufflé la discipline des enfers. Victor Darius avait par conséquent appris la cruauté, la malveillance et la volonté d’anéantir toute existence. Les mauvais dieux avaient fait de lui un seigneur Serpent maléfique pour les asservir tous. L’une après l’autre, les contrées arcaniennes tombèrent sous l’emprise de Victor, mais il en fut certaines qui résistèrent. Faisant avancer ses armées vers la Contrée Royale, le roi Arthur Doyle fut averti de cette invasion destructrice venue des montagnes des Ténèbres. Il organisa à son tour une armée. L’ultime alliance des Clair de Lune, des elfes et des arbres entra en guerre contre les Serpents. Entre les versants du Pic des montagnes des dieux et du Mont d’or, ils se battirent pour défendre le royaume et sauver les Clair de Lune, peuple de pouvoir. Deux cent mille orcs, lacertes et dragons se confrontèrent à quatre-vingt mille Clair de Lune, elfes et arbres. Les armées s’affrontèrent avec fureur et acharnement dans un mélange de bataillons, faisant des milliers de morts. Elianor essaya de convaincre Victor de cesser cette folie mais, avide de pouvoir, il continua à diriger ses troupes. Victor sortit vainqueur de cette guerre et se proclama Grand seigneur d’Arcane. Elianor fuit alors, en réunissant tous les artefacts nécessaires pour créer une porte intermondes et s’échapper vers l’autre monde, emportant avec elle plusieurs centaines de réfugiés Clair de Lune. En Italie, sur Terre, dans la grotte de Lupercale, Elianor donna naissance à des jumeaux. Elle leur assigna les noms de Romulus et Rémus Doyle. Ainsi, elle périt. La louve et amie d’Elianor entreprit d’élever les enfants. Ils grandirent et, sous les ordres du fantôme de leur mère et aidés de leur oncle Damian Doyle, ils reconstruisirent la communauté des Clair de Lune en érigeant la ville de Lupercale portant le même nom que la grotte où ils étaient nés. Mais leur père, Victor, vint en ce monde pour les anéantir, car ils détenaient le don premier et possédaient le pouvoir de l’abattre. Un combat s’ensuivit et Victor fut vaincu, ramenant la paix au royaume. Mais lors de cette bataille, Victor Darius assura son immortalité et, avant d’être anéanti, il posséda l’âme de Damian et utilisa sa vitalité pour garder son souffle éternel. Ainsi, Victor pu sauvegarder son essence dans l’existence du monde. La mort du Serpent envahit inlassablement l’esprit de Damian. Pris de folie, il s’exila dans les Monts de Feu, au centre des Terres Maudites, et entama sa mutation maléfique. Il bavait du mucus, vomissait de la bile, commençait à marcher à quatre pattes et à se comporter en animal furieux, se tordant au sol, douleur abdominale. Sa peau devint petit à petit écailleuse, blafarde et sombre, telles des croûtes qui remplaçaient sa chair purulente. Ses cheveux tombèrent, faisant de lui un mutant pernicieux. Sa conscience et sa voix incarnaient la démence à l’état pur. – C’est ma vie, oui, c’est ma vie. Pourquoi ma peau s’écroule ? Parce que je suis moooort !!! Je suis souillé. Je suis possédé. NON ! Nous ne sommes pas fanatiques. Nous sommes la faucheuse. Je suis le gardien de ta crasse. Tu as fait de nous le Maaaal... Peu à peu, dans l’obscurité des cavernes, Damian devint Armok, toussant du sang, expectorant des morves et arrachant ses ongles, déformé par la cruauté de Victor, plongeant son regard néfaste dans le reflet d’un lac souterrain. – Je suis ton humble serviteuuuur, mon Seigneur. Nous ne faisons... qu’un !!! Je suiiiis... toi ? Tu es... moi ? Nous sommes la tombe du monde... Romulus et Rémus, à l’aide de leur don de vision, purent voir apparaître un jour futur la naissance d’un jeune homme engendré par une mère Clair de Lune et un père Serpent. Il serait celui qui permettrait à Victor de renaître et d’asservir à nouveau le monde. Ils écrivirent alors une prophétie qui scellerait le destin de tous, celle qui ferait de ce jeune homme l’Élu d’une grande guerre à venir. Mais leur prédiction comportait une faille. Ils chargèrent donc leur enchanteur de transmettre un message à travers le temps, afin de lancer un sortilège deux cent ans avant le début du nouveau conflit, permettant à l’Élytre de gagner l’affrontement prédit par la prophétie qui se déroulerait deux mille ans plus tard. LIRE CHAPITRE 2 ...

Le Périgord en Sud-Charente : l'héritage oublié

Le Périgord Charentais : article et sources sur la partie du Périgord dans le département de la Charente (16). Argumentations détaillées de preuves via des sources sûres de livres tirés d'archives et des archives départementales, voir nationales. Thèse sur cette portion du Périgord et sur ces véritables frontières. les archives écrites étant les meilleures sources, car les cartes étant trop approximatives, dans le sens où la plupart furent créées sur Paris dans un bureau via des écrits. Les meilleures cartes resteront celles des diocèses faites sur place et commandées pas les Évêchés de l'époque, pour une meilleure visibilité d'un territoire. Coucher de soleil en Sud-Charente Périgord à Chalais Mettre la musique en écoute pour continuer l'article Si nous vous disions qu’une partie du département de la Charente se trouve en Périgord, nous croiriez-vous ? Sans doute pas ! Les uns nous rigoleraient au nez tandis que d’autres s’insurgeraient. Et pourtant, au terme d’une enquête palpitante qui nous a plongés durant de longs mois au cœur des archives départementales et d’une multitude de documents tout aussi passionnants les uns que les autres, nous pouvons vous l’affirmer haut et fort : une grande partie du sud-Charente est l’héritière oubliée du Périgord. En-dessous de cet article, vous pourrez découvrir les recherches d'archives préparatoires à l'élaboration de cet ouvrage. Sans oublier qu'avec le temps, des frontières ont bougé à cause des guerres. D'ailleurs, le livre "Histoire des diocèses du Périgord et des Evêques de Périgueux et Sarlat", de Guy Penaud parle bien des diocèses DU Périgord. Nous verrons plus tard que le diocèse de Périgueux comprenait 2 archiprêtrés aujourd'hui en Charente. Nous pouvons donc parler de Périgord Charentais ! I – Les textes plaçant le sud-Charente en Périgord Pour commencer penchons-nous sur les écrits, bien que tout historiens qui se respectent vous dirons qu’il faut toujours se méfier des textes ils sont pourtant une source importante. En effet, des documents historiques à quelques romans, bon nombre d’entre eux placent le sud-Charente dans le Périgord. Mais avant, revenons d’abord rapidement sur l’origine du mot Périgord. Celui-ci remonte à la nuit des temps et à un petit peuple celte qui vivait à l’époque sur ces terres : les Pétrocores. De l’époque romaine jusqu’à la révolution française la province eut alors le nom de Périgord. En 1790, à la création des départements les frontières des anciennes provinces ne furent pas respectées. C’est pourquoi comme vous pouvez le lire souvent, comme sur le site de l’office du tourisme de Sarlat ‘’Aujourd’hui, Périgord et Dordogne sont synonymes et désignent approximativement le même territoire’’. Deux mots sont importants dans cette phrase : tout d’abord ‘’approximativement’’, car en effet le Périgord s’étend légèrement au-delà du département de la Dordogne. Comme il est noté dans le bulletin de la Société charentaise des études locales ‘’L’Assemblée nationale constituante forma avec l’Angoumois, une partie de la Saintonge, de la Marche, du Limousin, du Poitou et du Périgord, le département de la Charente’’. L’autre terme important est ‘’aujourd’hui’’, car en effet, hier le mot Périgord n’était pas synonyme de la Dordogne. Dans leur ouvrage Regards sur le tourisme en Périgord au milieu des années 1980, aux éditions Persée, dans la revue des Pyrénées et du Sud-Ouest tome 57, Regis Delbru et Michel Genty expliquent qu’au milieu des années 1950, c’est à la suite d’une immense campagne publicitaire servant à promouvoir le tourisme en Dordogne, déjà dans le vent avec des sites comme Lascaux, que l’utilisation du Périgord pour désigner le département fut de nouveau utilisé. Revue : voir ici Remontons un peu le temps et arrêtons-nous sur l’Étude historique sur l’Angoumois publié en 1835 de François Marvaud. Dans celle-ci l’auteur nous parle du duc d’Anjou, qui n’est autre que le futur Henri III, qui au lendemain de la bataille de Moncontour en octobre 1569 dit de celui-ci qu’il ‘’gagna le Périgord, et passa par Aubeterre’’. La place forte d’Aubeterre est ainsi placée dans le Périgord. De même que dans un Bulletin de la Société de géographie commerciale de Bordeaux : ‘’La capitale du Haut ou du Blanc Périgord et tout le pays était Périgueux, et ses autres ville les plus importantes, Bergerac, Limeuil, Aubeterre.’’ Aubeterre n’est pas le seul lieu charentais placé ainsi dans le Périgord. Un petit village au nom pittoresque de Montignac-le-Coq est lui aussi placé dans le Périgord dans le Recueil des actes de la commission des arts et monuments de la Charente-Inférieur, ainsi nous pouvons y lire : ‘’Le 26 décembre 1566, Arnault, Digeau, dit, Naudin, marchand à Montignac-le-Coq en Périgord’’. Il en va de même pour le village de Villebois et de son magnifique château, dans ses Chroniques, Jean Froissart écrit ‘’Par divers actes datés de Paris au mois de juillet de cette année (), Charles V avait donné à Raymond de Mareuil, chevalier, les châteaux de Villebois en Périgord et de Courtenay. source : Château de Villebois-Lavalette Dans les textes et autres ouvrages plaçant le sud-Charente en Périgord nous ne pouvions passer à côté de l’excellent travail de Léon Dessalles et de son Histoire du Périgord, disponible en deux volumes aux Éditions des régionalismes. Dès la première page il se pose la question de l’étendue du Périgord et afin d’y répondre il s’est penché sur les cartes anciennes des archiprêtrés et en conclu qu’il ‘’demeure donc démontré, par les faits, que la partie de l’ancien Périgord, correspondant à l’évêché de Périgueux, comprenait deux archiprêtrés que l’Angoumois avait fini par s’approprier’’. Histoire du Périgord, Léon Dessalles (1803-1878) (Livre utilisé par le département de la Dordogne et promu) Ces deux archiprêtrés sont ceux de Pillac et de Peyrat et qui correspondent parfaitement au morceau du bassin de la rivière dordogne dans cette partie du département de la Charente, autrefois occupé par les Pétrocores. II – Les cartes Lorsque l’on recherche des cartes du Périgord sur internet ou ailleurs, ce sont des cartes du département de la Dordogne qui ressortent. Mais en creusant un peu dans les cartes anciennes, c’est un tout autre Périgord qui s’ouvre sous nos yeux. La première carte du Périgord (écrit Périgort), datée de 1663, Petrocorium comitatus vulgo la comtée du Périgord est sans équivoque, Aubeterre est en Périgord. Mais bien souvent, ces cartes faites à Paris ou étant des commandes sont plus ou moins justes. En démontre une autre carte du Périgord datée de 1650 excluant la place d’Aubeterre de la province. Sur cette carte, nous voyons les archiprêtrés de Pilhac et Peyrat, qui sont aujourd'hui dans le département de la Charente. Lisez bien sur la carte, il est noté qu'on parle des archiprêtrés DU Périgord. Alors, à quelle carte se fier ? Comme Léon Dessalles l’affirme, les plus précises sont celles faites par les évêchés. De même, dans les Annales. Économie, sociétés, civilisations. 20e année, N. 4, de 1965, Jacques Dubois parle de l’importance de se référer aux cartes des diocèses pour avoir les meilleures informations. Mais avant de continuer et afin de comprendre pourquoi ces deux auteurs donnent tant d’importances aux cartes diocésaines, arrêtons-nous un instant sur quelques définitions. Un diocèse est selon la définition de l’académie française une circonscription ecclésiastique placée sous la direction d’un évêque, mais c’était aussi dans l’antiquité romaine, sous le règne de Dioclétien, une grande circonscription administrative. Le regroupement de plusieurs diocèses forme une province ecclésiastique. Ces provinces ecclésiastiques ont un intérêt historique car de l’empire romain jusqu’au XIX (jusqu’au concordat de 1801 pour être exact), ces dernières sont restées fidèles aux zones administratives romaines, elles-mêmes respectueuses des peuples gaulois. source : Archives Dordogne Par conséquent, nous avons regardés de plus près les cartes des diocèses de Périgueux et de Sarlat. Dans les archives départementales de Dordogne dormait une nouvelle preuve affirmant le passé périgourdin du sud-Charente, une carte des deux diocèses vers l’an 1317 permet d’observer les deux archiprêtrés de Pillac et de Peyrat et de dresser une liste des communes charentaises appartenant aux Périgord : Dans l’archiprêtré de Pillac on retrouve les villes de : Aubeterre Montignac-le-coq Rouffiac Saint-Christophe-de-Tude ( aujourd'hui devenu Chalais, 16210 ) Saint-Hilaire Saint-Quentin-de-Chalais L’archiprêtré de Peyrat est quant à lui composé de : Blonzaguet Gurat La Faye Villebois-Lavalette Cette liste, non exhaustives, est confirmée par d’autres cartes représentant le Périgord en 1556 puis en 1679. III – Le cas de Chalais Dans ses mémoires Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord déclarait ‘’À 4 ans, (…) la femme chez laquelle on m’avait mis en pension me laissa tomber de dessus une commode. Je me démis un pied : elle fut plusieurs mois sans le dire ; on s’en aperçut lorsqu’on vint me prendre pour m’envoyer en Périgord chez Mme de Chalais, ma grand-mère’’. Cette affirmation est partiellement fausse. Nous ne parlons pas de son accident de commode, sans doute inventé pour cacher une maladie héréditaire bien plus embarrassante. Celle-ci est totalement fausse. Là où il a partiellement raison c’est en localisant Chalais dans le Périgord. Si le château et une partie de la ville de Chalais se trouve en Saintonge, une autre partie de Chalais se trouve en Périgord et cela est la conséquence de l’histoire de la construction de la cité. Autrefois, le village de Chalais s’étendait autour du château et s’arrêtait au bord de la Tude. L’autre côté de la rivière était fait de prés marécageux s’étendant jusqu’au village de Saint-Christophe qui, lui, se trouvait en Périgord, dans l’archiprêtré de Pillac. Les seigneurs de Saint-Christophe vivant dans un château qui existe toujours aujourd’hui et qui fait face à celui de Chalais, le château de La Borie qui dépendait de la châtellenie d’Aubeterre et dépendaient de la sénéchaussée du Périgord comme en atteste le Ban et Arrière-Ban de la sénéchaussée de Périgord en 1557 au paragraphe 53 : Le seigneur de La Borie, se disent exempts (du service de contribution au dit ban et arrière-ban) en vertu du privilège octroyé par le roy aux habitants de la ville de Périgueux, en laquelle ils sont habitants. Quatre siècles plus tard, en 1946 le village de Saint-Christophe fusionnait avec la ville de Chalais. Ainsi si vous déambulez dans les rues paisibles de Chalais, vous pouvez passer de l’ancienne province de la Saintonge à l’ancienne province du Périgord en franchissant cette petite rivière de la Tude, qui servait de frontière naturelle entre les deux de Saint-Cybard jusqu’à la petite ville de Chalais, qui laissa grâce à sa grand-mère le souvenir le plus doux au diable boiteux. Dorénavant, lorsque vous voulez visiter la belle région périgourdine, n’oubliez pas de vous arrêter dans le sud de la Charente afin de découvrir les trésors cachés qui vous attendent dans ce Périgord oublié. RECHERCHES D'ARCHIVES PREPARATOIRES de mars 2020 à février 2021 Partons pour une enquête des plus inattendue, cette fois, de nature historique et toujours d'actualité, dont certains faits sont effacés au profit de d'autres. Mais si on vous disait que la Charente faisait aussi partie du Périgord, vous nous croiriez ? Et bien pourtant, la Charente est bien l'héritière légitime des morceaux de cette ancienne province qui n'existe plus. Seules les frontières départementales entre la Charente et la Dordogne sont attestées dans les esprits de tous. Pourtant l'appellation Périgord a, aujourd'hui, bien disparu de la Charente. Mais alors, qu'est-ce que vraiment le Périgord et qu'elles sont les véritables frontières du Périgord, et surtout, pourquoi le Périgord n'est pas exploité en Charente ? Ici, nous allons nous intéresser à la véritable frontière du Périgord entre la Charente et la Dordogne. Quand on tape sur Google "Périgord", nous trouvons tout un tas de cartes, comme celle ci-dessous, vous montrant le Périgord que dans l'actuel département de la Dordogne. Alors, certes, la plus grosse partie du Périgord se trouve dans la Dordogne actuelle, mais trouver la partie charentaise devient plus compliqué. carte : Caruso24 Nous débutons alors nos investigations qui allaient porter leurs fruits. Et pour cela, nous allons commencer par identifier des cartes. mais attention, beaucoup de cartes trouvées sur le net, sont trop approximatives et peuvent, par conséquent, vous détourner de la vérité historique. C'est pour cela, que nous ferons aussi les recherches dans les écrits des archives, car oui, les écrits ne mentent et ne trompent pas. **** Petrocorium comitatus vulgo la comtée de Périgort. 1663. ( la toute 1ère carte du comté du Périgord, avec la partie Charentaise, délimitée aujourd'hui par la Dronne et la Lizonne) source : https://gallica.bnf.fr/ Une carte avait été faite avant, en 1650 (découvrir ici). Mais sur celle-ci, nous pouvons voir que la partie charentaise de nos jours, n'y est pas. Elle avait dû être oubliée, car en 1663, soit 13 ans plus tard, une autre carte fut éditée, cette fois, avec la partie Charentaise ( voir carte et agrandissement juste au-dessus ). ceci nous fait poser la question des erreurs sur les cartes et de nous aider des écrits e archives pour trouver les preuves du Périgord en Charente, car les archiprêtrés de Pilhac et Peyrat étaient bien attestés. **** source : Wikipédia Cette partie de la Charente dans le Périgord, oublié de nos jours, se trouve dans le bassin versant de la Dordogne. En regardant bien, la partie vert clair du bassin de la rivière Dordogne dans le département de la Charente correspond parfaitement à ce qui sera les archiprêtrés de Pilhac (Pillac) et Peyrat du diocèse de Périgueux en Périgord. Le bassin de la Dronne faisant parti du bassin de la Dordogne. La rivière de la Tude se trouve être une frontière à ce bassin. Nous verrons plus tard que cette partie du bassin se trouvait aussi dans le territoire des Pétrocores. Le bassin de la Dordogne est un bassin versant situé en France, qui comprend le système hydrologique de son principal cours d'eau, la Dordogne. (cf) **** Nous avons appris que le mieux, pour se référer à une carte était de consulter les cartes des diocèses, bien plus complètes et fidèles aux véritables frontières des provinces, car les cartes faites sur Paris par des géographes tronquaient maladroitement certaines portions des territoires et avaient, auprès des historiens, la fâcheuse tendance à créer des problèmes historiques. Les cartes des diocèses avaient été conçues dans le but d'archives personnelles de l'Evêque qui gouverne son diocèse. Par ailleurs, les historiens consultent le plus souvent les cartes dites locales parce qu'elles fournissent de meilleures informations afin de retracer l'histoire et les frontières d'une province, d'une ville, d'un château ou d'une fortification, comme ça a été le cas pour les anciens remparts de Paris sous Philippe Auguste. D'ailleurs, dans les "Annales. Economies, sociétés, civilisations. 20ᵉ année, N. 4, de 1965", pages 680 à 691, Jacques Dubois explique, dans la section "Histoire et cartographie", l'importance de se référer aux cartes des diocèses pour avoir les meilleures informations afin de retracer l'histoire. Par conséquent, seules les cartes des diocèses fournissent des sources fiables. Comme dit dans le document : "Connaître la composition des diocèses évite les erreurs d'identification". 👇 Vous pouvez consulter le document ici 👇 Histoire et cartographie la carte des diocèses de France avant la Révolution Importance du cadre diocésain. **** Et nous pouvons vous garantir que les résultats obtenus sont au-delà de ce que nous pensions. Nous étions dans une véritable chasse au trésor portant le nom de "Périgord" ; un nom, un titre connu dans le monde entier, avec un terroir unique, qui exprime un sentiment de grandeur royale, d'espace sauvage, de châteaux et d'édifices religieux uniques. **** MUSEFREM Base de données prosopographique des musiciens d'Église en 1790 http://philidor.cmbv.fr/ « Le département de la Dordogne, à la différence de beaucoup d’autres, recoupe pour l’essentiel ce qui avant 1789 correspondait à une vieille province, le Périgord. Aujourd’hui encore, dans l’esprit de beaucoup d’habitants, voire de Français et d’étrangers, les termes évoquent la même réalité géo-historique. À y regarder de plus près, on peut remarquer quelques différences. Le Périgord regroupait deux diocèses, celui de Périgueux et de celui de Sarlat. La séparation entre les deux coïncidait avec une ligne naturelle correspondant aux cours de la Vézère et de la Dordogne. Le nouveau département, et donc le nouveau diocèse de Périgueux, intégra, au nord, le Nontronnais et à l’est une petite région autour de Lanouaille ; au total, une trentaine de paroisses furent ainsi prises sur l’ancien diocèse de Limoges. Ces deux ensembles, en particulier le premier, faisaient néanmoins partie de la province du Périgord traditionnel. Au sud-est de l’ancien diocèse de Sarlat, une vingtaine de paroisses furent prélevées sur celui de Cahors (autour de Carlux) et, plus au sud, quatre paroisses sur le diocèse d’Agen. À l’inverse, une trentaine de paroisses situées à l’ouest de l’ancien diocèse de Périgueux passèrent dans le département de la Charente et au sud une vingtaine de celui de Sarlat dans le département du Lot-et-Garonne. Les pertes et les gains se trouvaient ainsi équilibrés et, dans sa forme globale, le nouveau département de la Dordogne reste très proche de l’ancienne province du Périgord. » **** Une véritable carte du Périgord, tel que les frontières étaient. Le Périgord était géré par deux diocèses : Périgueux et Sarlat Les diocèses de Périgueux et Sarlat depuis le XIVème siècle, vers l'an 1317 source : Archives Dordogne datation carte : 1972 juste en dessous, les agrandissements des Archiprêtrés de Pilhac (Pillac) et Peyrat, du diocèse de Périgueux de l'ancienne province du Périgord, qui aujourd'hui sont dans le département de la Charente. Les diocèses de Périgueux et Sarlat depuis le XIVème siècle, vers l'an 1317 source : Archives Dordogne datation carte : 1972 « Le diocèse de Périgueux était le plus ancien et son territoire correspondait à l’origine à celui de la cité gauloise des Pétrocores. Si Saint-Front, le « premier évêque » qui aurait vécu entre la fin du Ier siècle et le début du IIème siècle, est un personnage en partie légendaire, la liste des évêques peut être établie à partir du IIIe siècle et surtout du début du VIe siècle. En 1317-1318, Jean XXII, natif de Cahors et premier pape d’Avignon, se lança dans un vaste redécoupage des diocèses du sud de la France et c’est ainsi que fut créé le diocèse de Sarlat. Près de 250 paroisses du sud et du sud-est du Périgord furent prélevées sur celui de Périgueux soit plus du tiers du total périgourdin. « Les collégiales du diocèse de Périgueux Le diocèse de Périgueux compte cinq collégiales en 1790 : Aubeterre (aujourd’hui en Charente), Hautefort, La Rochebeaucourt, Ribérac et Saint-Astier. Mise à part cette dernière, les recherches n’ont apporté aucun document sur leur vie musicale en 1790 ou durant les décennies précédentes. **** Évêques et société en Périgord du Xe au milieu du XIIe siècle Annales du Midi : Muriel Laharie Editions Persée ( page 356 et 354 ) « Le champ d'action de l'évêque de Périgueux, son diocèse, était assez vaste puisqu'il correspondait à peu près à l'actuel département de la Dordogne. Comme le montre la carte ci-jointe, il en débordait quelque peu au sud et au nord-ouest et, en revanche, cédait des paroisses périgourdines au nord et à l'est aux diocèses de Limoges et Cahors. C'était l'antique civitas petragoricensis où l'évêque résidait à la Cité, dans le palais épiscopal jouxtant la cathédrale Saint-Etienne. Cet évêché fut progressivement divisé en vingt-deux archiprêtrés qui se répartissaient sur l'ensemble du territoire. On peut estimer que dès le début du XIIe siècle, cette organisation était à peu prés complète, même si le nom des archiprêtrés devaient changer, dans certains cas, par la suite, notamment lors de la scission de 1317 en deux évêchés ( Périgueux et Sarlat ). ( page 360, 361 et 363 ) « Les évêques de Périgueux ont eux-mêmes donné naissance à certaines communautés. C'est ainsi que Raoul de Couhé a fondé le chapitre de Saint-Astier au début du XIè siècle (l'ancienne église avait été détruite par les Normands), Guillaume Ier de Montbron probablement celui de Châtres, et Renaud de Thiviers le chapitre de Saint-Jean-de-Côle (1086) ainsi que la communauté d'Aubeterre, Ils ont, par ailleurs, aidé au développement de l'abbaye d'Uzerche, proche du Périgord : Géraud de Gourdon assista à la dédicace de son église en 1048, et Renaud de Thiviers la consacra le 22 janvier 1098 avec Guillaume, évêque de Limoges. Sur la carte ci-dessus, nous voyons que Saint-Cybard, aujourd'hui en Charente, se trouve dans le Périgord. « La commune de Blanzaguet-Saint-Cybard est traversée du nord au sud par le Voultron, qui se jette dans la Lizonne, qui arrose le sud de la commune. La Lizonne est un affluent de la Dronne. La commune est dans le bassin versant de la Dordogne comme une partie du Sud-Charente. (cf) Tout ceci correspond bien à a carte hydrographique vue plus haut. **** Études historiques sur l'Angoumois par François Marvaud (1835) ( pages 285 et 286 ) En partant d'Angoulême , le Duc d'Anjou gagna le Périgord, et passa par Aubeterre. Comme cette ville était occupée par une faible garnison protestante , il la fit battre pendant quelques jours par son artillerie, et s'en rendit maître par composition. ( pages 301 et 302 ) L'année suivante , Henri IV laissa son armée dans l'Angoumois, jusqu'à la bataille de Coutras, après laquelle il donna rendez-vous à ses capitaines sur les confins de cette province et de celle du Périgord, pour se préparer à courir à de nouveaux dangers. La veille de la bataille de Coutras , l'armée du Duc De Joyeuse campait à Chalais , Calescum, vieille terre seigneuriale qui, des mains des anciens Comtes d'Angoulême avait passé dans celles dune famille illustre du Périgord. Ce fut là que les catholiques décidèrent de n'épargner personne dans le combat , pas même Henri IV, si l'on s'emparait de sa personne. De son côté, le Prince de Condé avait réuni une armée dans l'Angoumois, et avait pris position à Montmoreau , en attendant les ordres du Roi de Navarre. **** Après de très nombreuses recherches, nous pouvons prouver que le "Périgord" n'est pas que l'actuelle Dordogne, mais aussi la Charente, et que c'est un ancien nom provincial qui a été développé et exploité par le département de la Dordogne dans les années 50, afin de promouvoir le tourisme. De nouvelles cartes et récits, ont été façonnés avec le temps, et par conséquent certains morceaux du Périgord ont été oubliés des nouvelles générations par de multiples successions d'infos touristiques en masse. Nous ne jetons pas du tout la pierre à la Dordogne, car la Charente a aussi sa part de responsabilité dans cet oublie, dans le sens où elle a préféré se concentrer sur le noyau central d'une ancienne province qui a servi à former le département autrefois : l'Angoumois. **** Regards sur le tourisme en Périgord au milieu des années 1980 par Régis Delbru et Michel Genty Editions Persée ( page 542) « Avant la dernière guerre, venus surtout par le train découvrir quelques grottes, les visiteurs étaient peu nombreux. A partir de 1950, diverses formes de publicité suscitèrent un premier intérêt pour la région : c'est l'époque où l'on commença à visiter la grotte de Lascaux, où fut lancé le festival de Sarlat (1952), où Joséphine Baker s'installa au château des Milandes; bien entendu, la motorisation progressive des Français rendit alors possibles leur venue et leur pénétration en profondeur du pays. A la fin des années 1950, le Périgord était devenu une région à la mode. Depuis une vingtaine d'années, divers acteurs publics ou privés n'ont cessé de « promouvoir » le tourisme. En 1959, émanation du Conseil général, l'Office départemental du Tourisme est créé : depuis son installation, en 1962, au centre de Périgueux, cet établissement, régi par la loi de 1901, multiplie les campagnes publicitaires en France et à l'étranger pour développer en Dordogne un tourisme culturel. Dans le même immeuble, un autre organisme juridiquement séparé, la Régie départementale du tourisme s'efforce de réaliser des équipements ou de les faire réaliser; elle entretient et exploite des monuments et des sites appartenant au département; elle verse des subventions pour la réalisation de gîtes ruraux, de campings, de piscines, de plages et s'exerce à l'animation. » **** Le Périgord est une ancienne province, ou région française, qui correspondait à un ancien comté recouvrant approximativement le département actuel de la Dordogne, et l'Est de la Charente, entre autres. Dire que le Périgord c'est la Dordogne, est une grosse et grave erreur. Une bonne partie du sud et sud-est de la Charente a été formée avec le Périgord. En témoignerons les nombreuses communes et terres alentour qui en faisaient partie et qui aujourd'hui ont été reprises pour créer le département de la Charente. Foie gras du Périgord En 1992, l'Union européenne a compris le problème des producteurs et a décidé de mettre en place l'Indication Géographique Protégé. Pour être reconnu IGP et apposer le terme Périgord sur les produits, il faut obligatoirement produire dans le territoire historique du Périgord, soit la Dordogne et quelques communes des cantons limitrophes. L'objectif est de garantir l'authenticité du terroir. Sur ces terres où poussent également des truffes d'exception, les traditions se sont transmises de génération en génération et les producteurs ont tenu à préserver le caractère artisanal. À travers ses exigences, l'IGP protège également cet héritage culturel. Au risque de faire grincer des dents, les preuves en attestent la vérité de ce que nous avançons par des cartes et surtout des écrits trouvés en archives qui finiront par rendre la part Charentaise en Périgord. Après cet article, nous pourrons alors parler de Périgord Charentais. vue sur le Périgord Charentais Notre but est de rétablir la vérité sur une occultation générationnelles des véritables frontières du Périgord au profit d'un tourisme naissant, qui, avec le temps, a fini par se développer, faisant oublier, aux nouvelles générations, les vraies frontières de cette ancienne province. On ne peut pas qualifier de "Périgord", ancienne province existante depuis la Gaule antique, un département et ses limites créé après la révolution par un redécoupage administratif. C'est complètement absurde. Le Périgord ne s'est jamais arrêté aux frontières actuelles du département de la Dordogne. La Charente devrait, sans pouvoir se justifier, utiliser elle aussi la dénomination "Périgord", au même titre que la Dordogne, afin de pouvoir développer son tourisme et son terroir. Et pourquoi pas ? Ca serait légitime de part l'histoire et les véritables frontières de ce qu'était le véritable Périgord autrefois. SARLAT PÉRIGORD NOIR TOURISME « Le département de la Dordogne est souvent appelé par son ancien nom : le Périgord. Ce nom date de l’époque romaine et représentait l’ancienne province qui précéda le département. Il désignait un comté attaché au duché de Guyenne avec un territoire légèrement plus vaste que la Dordogne actuelle. Lors de la création des départements à la Révolution Française, le département de la Dordogne est dénommé ainsi grâce au nom du principal cours d’eau qui le traverse. Aujourd’hui, le Périgord et la Dordogne sont synonymes et désignent approximativement le même territoire. » (Source : CF) (Approximativement ne veut pas dire que le Périgord s'arrête aux portes de la Dordogne, mais s’étend bel et bien au-delà.) **** carte de la Dordogne carte du Périgord vert En regardant cette carte, nous voyons que le Périgord vert n'est placé que en Dordogne, ce qui est complétement faux, car la Charente possède une partie du Périgord vert. Mais alors, quelles sont les parties Charentaises du Périgord et quelles sont les vraies frontières du Périgord en Charente ? Commençons par Wikipédia : Le département a été créé à la Révolution française, le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789. Il a été formé autour de l'Angoumois et de son ancienne capitale, Angoulême, qui a été choisie pour être le chef-lieu d'un département qui intégra à l'ouest le Cognaçais (des limites de l'actuelle Charente-Maritime jusqu'à Bassac) et le Sud-Charente avec Barbezieux-Saint-Hilaire, qui faisaient partie de la Saintonge, et à l'est les terres limousines du Confolentais, ainsi que quelques communes du Poitou au nord et du Périgord au sud(1). (1) Jean Combes (dir.) et Michel Luc (dir.), La Charente de la Préhistoire à nos jours (ouvrage collectif), St-Jean-d'Y, Imprimerie Bordessoules, coll. « L'histoire par les documents », 1986, 429 p.(ISBN2-903504-21-0, notice BnFnoFRBNF34901024, présentation en ligne [archive]) Études locales : bulletin de la Société charentaise des études locales. 1925-04. Source gallica.bnf.fr / Archives départementales de Charente ( page 115 ) « Ce petit peuple, qui était probablement allié dans l'antiquité la plus reculée aux Pétrocoriens, dont il se sépare en partie à une époque inconnue, devait être limité, dans la Dordogne, au nord par la Lisonne, au midi par la Dronne et au sud-est par le pays de la Tour-Blanche, ancien enclave de l'Angoumois. La portion du département de la Charente comprise entre Aubeterre et Charras en dépendait et suivait, de notre côté, la ligne tracée par les localités suivantes : Pillac, Bors, Juignac, Ronsenac, Magnac-Là Valette, Rougnaç et Mainzac qui forment encore de nos jours la limite exacte des dialectes de l'Angoumois et du Périgord. » Les Pétrocores « C’ est le premier peuple attesté par l’Histoire de notre région et qui a donné son nom à sa capitale actuelle Périgueux et au Périgord, mais aussi à de nombreux toponymes géographiques de notre région. Notre géographie parle gaulois. De nombreux toponymes liés essentiellement aux rivières ou à la géographie de notre actuel département sont en dialecte gaulois des Pétrocores. Les rivières qui se terminent par le suffixe gaulois onna (en gaulois = udna qui a donné onde en latin...) ont gardé leur nom gaulois ( Rizonne, Nizonne, Lizonne, Beauronne, etc.) » (cf) Notons que la Viveronne, rivière qui coule en Charente et qui se jette dans la Tude, est une rivière frontière entre la Saintonge et le Périgord, à Chalais. Mais nous verrons ça plus bas. La Viveronne porte elle aussi le suffixe d'origine Pétrocore. « La Viveronne est un ruisseau français du département de la Charente (région Nouvelle-Aquitaine), affluent de la Tude et sous-affluent de la Dordogne par la Dronne et l'Isle. » (cf) La Vironne à gauche : La Viveronne à Chalais ( pont de la D.20 ) à droite : La Viveronne entre Brie et Bardenac photos : Wikipédia Nous devons maintenant savoir comment la Charente fut construite pour devenir le département que nous connaissons aujourd'hui : Études locales : bulletin de la Société charentaise des études locales. 1935-07. Source gallica.bnf.fr / Archives départementales de Charente ( page 155 ) EN 1790 « Par la loi du 22 décembre 1789, la Constituante divisait la France en départements, les départements en districts, cantons et communes. Deux raisons justifiaient cette nouvelle division du pays. 1° Une raison sentimentale. Il importait de « détruire l'esprit de province qui n'est dans l'Etat qu'un esprit individuel, ennemi du véritable esprit national » (Thouret). 2° Une raison administrative. Il fallait « parvenir à distribuer la représentation avec égalité », et, pour cela, fixer l'étendue-des territoires qui devaient faciliter les consultations électorales. (Remarquons que presque toutes les autorités sont élues sous la première monarchie constitutionnelle). » Études locales : bulletin de la Société charentaise des études locales. 1923-04. Source gallica.bnf.fr / Archives départementales de Charente ( page 134 ) LES ORIGINES « LA RÉGION ANGOUMOISINE.— L'Angoumois était situé entre la Marche, le Limousin, le Périgord, la Saintonge et le Poitou. Il n'avait que vingt lieues de long sur quinze environ de large. Ce pays cessa, en vertu des lois du 26 février 1790 et du 4 mars de la même année, d'être une province distincte; il forma, avec quelques territoires empruntés à dessein à la Marche, au Poitou, à la Saintonge, au Périgord et au Limousin, le département de la Charente. Aussi notre département est plus grand que ne l'était l'Angoumois. Il comprend un territoire qui, dans la plus grande longueur, du sud-ouest au nord-est, a 135 kilomètres et, dans sa plus grande largeur, de l'ouest à l'est, 90 kilomètres. Le département de la Charente n'a presque nulle part de limites naturelles; sauf sur trois points où le Né le sépare de la Charente-Inférieure, la Lisonne et la Dronne de la Dordogne, la Tardoire de la Dordogne et de la Haute-Vienne, ses limites sont conventionnelles. » **** Études locales : bulletin de la Société charentaise des études locales. 1923-05. Source gallica.bnf.fr / Archives départementales de Charente ( page 197 ) « L'Assemblée nationale Constituante forma avec l'Angoumois, une partie de la Saintonge, de la Marche, du Limousin, du Poitou et du Périgord, le département de la Charente qui comprit six districts (Angoulême, Ruffec, Confolens, La Rochefoucauld, Cognac et Barbezieux) quarante-cinq cantons et quatre cent vingt-sept communes. » **** Statistique agricole du département de la Charente / par M. Eugène Thiac,... Thiac, Eugène Thiac, dit aussi Eugène de. Auteur du texte. Statistique agricole du département de la Charente / par M. Eugène Thiac,.... 1861. Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France ( page 3 ) « Traversé par la rivière dont il porte le nom, le département de la Charente a été formé de l'ancienne province d'Angoumois et de quelques communes du Limousin, du Poitou, de la Saintonge et du Périgord ; (...) » **** Les halles de Baignes-Sainte-Radegonde. La Charente céda à la Dordogne des paroisses des juridictions de Saint-Aulaye au sud de la Dronne et l’enclave de la Tour Blanche. Baignes-Sainte-Radegonde, actuel chef-lieu de canton, appartenait au Petit Angoumois, enclavé dans la Saintonge. La Saintonge, pour sa part, a été en partie démantelée pour la création du département de la Charente-Inférieure et a cédé les élections de Cognac et de Barbezieux pour contribuer à la formation du département d'Angoumois qui devint par la suite celui de Charente. église monolithe de Gurat Maintenant, intéressons-nous à découvrir et connaître les terres et communes faisant parties du Périgord Charentais : **** Études locales : bulletin de la Société charentaise des études locales. 1936-04. Source gallica.bnf.fr / Archives départementales de Charente ( page 83 et 84 ) « Les quatre cantons de Montmoreau, Blanzac, Aubeterre et Villebois-Lavalette, qui annoncent le Périgord, n'ont que 26.499 habitants pour 889 kilomètres carrés, soit à peine 30 habitants au kilomètre carré. C'est d'ailleurs la densité moyenne que l'on trouve en Dordogne. » **** Études locales : bulletin de la Société charentaise des études locales. 1935-07. Source gallica.bnf.fr / Archives départementales de Charente ( page 156 ) « Périgord. — En échange de Saint-Aulaye et de plusieurs paroisses au delà de la Dronne, les députés d'Angoumois reçurent Eymouthiers et la partie de Souffrignac qui appartenait au Périgord. Ce fut l'opération la moins avantageuse, car il fallut céder huit paroisses pour n'en recevoir qu'une et demie. » 👉 Souffrignac est une commune du Sud-Ouest de la France, située dans le département de la Charente, en région Nouvelle-Aquitaine. Au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime, la paroisse de Souffrignac dépendait de La Chapelle-Saint-Robert, dont les seigneurs prenaient souvent le titre de seigneurs de Souffrignac. Comme une grande partie de Feuillade, elle appartenait à la province du Périgord, et lors de la constitution du département de la Charente à la Révolution, sa population émit des protestations. (cf) **** Bulletin / Société de géographie commerciale de Bordeaux. 1890- 10-20. Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France ( page 567 ) « (...) en un mot, le Périgord occidental du nord-est au sud-ouest. C'est cette division qui :est adoptée par l'Encyclopédie du XIXe siècle. Au tome XIX, dans un article signé ; F. de B. ; nous lisons la notice suivante qui confirmé notre opinion : « Le Périgord était divisé en Haut ou Blanc à l'ouest, et Bas ou Noir à l'est. Cette dernière partie devait son appellation aux bois nombreux dont elle était couverte, comme la première , devait la sienne à ses montagnes. La capitale du Haut ou Blanc Périgord et de tout le pays était Périgueux, et ses autres villes les plus importantes, Bergerac, Limeuil, Aubeterre. Sarlat était la ville principale du Périgord Noir; venaient ensuite Domme et Terrasson. (...) » **** Les parties Charentaises du Périgord sont les Archiprêtré de Peyrat et Pilhac, appartenant au diocèse de Périgueux en Périgord, pour les élections du Périgord. datation carte : 1876 sur les archives du diocèse de Périgueux en Périgord du 16 avril 1556 Agrandissement de l'annotation de la carte à gauche pour comprendre l'historique " L'ancienne pancarte qui fixait les juridictions, les redevances et l'état des deux diocèses du Périgord (Périgueux et Sarlat) fut donnée, suivant arrêt du Parlement de Bordeaux, le 15 février 1554, par Jacques du Repaire , conseiller du Roi ou sénéchal de Périgueux et fit loi dès le 16 avril 1556, dans le synode tenu par l'Évêque Gui Bouchard d'Aubeterre. Ce n'était pas chose nouvelle à cette époque ; c'était simplement la confirmation légale des anciennes coutumes de nos églises périgourdines." "La Pancarte divise les deux diocèses du Périgord en archiprêtrés ; cette division ne ressemble nullement à nos circonscriptions modernes par arrondissements et chefs-lieux de canton. Il y a, sous la direction d'archidiacres inamovibles ayant chacun une juridiction désignée, 16 archiprêtrés dans le diocèse de Périgueux, et 7 dans le diocèse de Sarlat depuis l'érection de ce siège par le Pape jean XXII, en 1317. Avant cette époque, nous n'avons pas encore de données assez certaines pour dire quelle était l'organisation de l'unique diocèse de Périgueux." " L'extrait du bulletin de la société historique et archéologique du Périgord" **** LA COMMANDERIE GÉNÉRALE D'AUBETERRE DE L'ORDRE DE SAINT-ANTOINE EN PÉRIGORD (1100-1838) source : http://www.guyenne.fr/ « Parmi les ruines du passé, en Périgord, il en est une dont on retrouve à peine quelques vestiges, mais dont l'histoire peu connue n'est cependant pas sans intérêt, un de ces nombreux hôpitaux fondés au moyen-âge pour l’accomplissement de toutes les œuvres de miséricorde : la Maison de l'Aumône, ou la Commanderie générale d'Aubeterre, de l'ordre hospitalier de Saint-Antoine, située dans l'ancienne paroisse de Mirand, du diocèse de Périgueux et de l'archiprêtré de Pillac. En la faisant revivre, je n'ai point eu la prétention de donner une histoire générale de l'ordre de Saint-Antoine ; quelques aperçus toutefois m'ont paru indispensables au cours du récit pour faire connaître les liens qui rattachaient cette maison au chef d'ordre, son origine et les phases diverses qui ont marqué son existence. Et d'abord je dois un respectueux hommage de reconnaissance au savant religieux dom Germain Maillet-Guy, l'éminent historien du chef d'ordre, dont l'inépuisable obligeance m'a fourni d'utiles renseignements, et, en rectifiant certains points historiques, m'a évité la répétition d'erreurs communément admises jusqu'à ce jour. » **** Recueil des actes de la Commission des arts et monuments de la Charente-Inférieure. 1905. Source gallica.bnf.fr / Société d'archéologie de la Charente-Maritime ( page 187 ) « Le 26 décembre 1566, Arnault, Digeau, dit, Naudin, marchand a Montignac-le-Coq en Périgord, reconnaît devoir a Antoine Lacroze, facteur et négociateur de honorable homme Jehan Aygret, pair et bourgeois de La Rochelle, 64 l. a cause de la vente et Livraison de sèches, ladite somme payable au terme de Pâques. (Pavie, notaire à La Rochelle, f° 253, v°). En 1572, le 5 janvier, un marchand de Montignac-Ie-Coq en Périgord, achète à La Rochelle pour 212 I. tournois de sèches « parées », ce qui donne en valeur 729 fr. 28, et ce qui représenterait aujourd'hui, au pouvoir de l'argent, 2.187 fr. 84. » ( page 190 ) « Si d'ailleurs les expéditions de sèches, ou plutôt du sac de la sèche, ou se trouve le noir de l'animal, avaient eu pour but la peinture, on les verrait surtout dirigées vers de grands centres, et non vers des lieux tels que Montignac-le-Coq en Périgord. » 👇👇👇 👉 Montignac-le-Coq est une commune du Sud-Ouest de la France, située dans le département de la Charente (région Nouvelle-Aquitaine). (cf) **** Les parties Charentaises du Périgord sont les Archiprêtrés de Peyrat et Pilhac, appartenant au diocèse de Périgueux en Périgord, pour les élections du Périgord. datation carte : 1876 sur les archives du diocèse de Périgueux en Périgord du 16 avril 1556 Les deux archiprêtrés concernés du diocèse de Périgueux photo : Wikipédia Pillac (Pilhac en limousin, dialecte occitan) est une commune du Sud-Ouest de la France, située dans le département de la Charente (région Nouvelle-Aquitaine). Entre le Xe et XVIIIe siècles, Pillac était le siège d'une viguerie, alors dans le diocèse de Périgueux, qui a été rattachée avec les six autres vigueries du comté d'Angoulême, qui en comptera une vingtaine à la suite de son extension au XIe siècle. L'église de Pillac était chef-lieu d'un archiprêtré du diocèse de Périgueux et elle comprenait 26 paroisses. À la fin du XIXe siècle, la commune a particulièrement souffert du phylloxéra et s'était désertifiée, une grande partie de la population active travaillant les vignes. (cf) **** photos : Wikipédia Le Peyrat (Le Peirat en occitan) était le siège d'un archiprêtré et d'un prieuré conventuel de l'ordre de Saint-Benoît. Son église romane avait deux coupoles, et son transept avait été voûté en style ogival au XVe siècle. Au début du XXe siècle, on récoltait encore dans la commune des truffes en quantité relativement importante. La commune comportait alors comme industrie le moulin à cylindres de Périne, sur le Voultron. (cf) **** DIALECTE Nous venons de voir que Pilhac et Peyrat (archiprêtrés aujourd'hui en Charente) étaient des noms en dialecte occitan. Intéressons-nous à ça, d'ailleurs. Nous voyons dans la première carte ci-dessous que la couleur beige claire dans la partie Charentaise on y parlait le Périgourdin (langue en dialecte occitan limousin) et correspondait aux archiprêtrés de Pillac et de Peyrat. On parlera aujourd'hui de Charente Occitane. source cartes : wikiwand Le limousin (Lemosin en occitan), aussi appelé langue d’or, est le dialecte de l’occitan parlé dans les trois quarts du Limousin (aux côtés du marchois et de l’auvergnat), en Charente occitane et dans une grande moitié Nord de la Dordogne. (cf) source carte : Wikipédia **** Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France ( pages 345 et 346 ) Extrait de la pancarte des sieurs Evesque et chapitres de la ville de Périgueux et Sarlast « On remarquera que parmi les archiprêtres, il y a ceux de Carves et de Sarlat, ce qui donnerait à croire que la pièce originale remontait au temps où le Périgord n'avait qu'un seul siège épiscopal, c'est à-dire avant 1317. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'après l'érection du siège de Sarlat, l'évêque de Périgueux conserva ses fiefs et ses juridictions temporelles, comme il est dit dans la bulle du pape Jean XXII. Les 16 archiprêtres étaient sous l'inspection immédiate de 7 archidiacres nommés par l'évêque à titre inamovible. Ils se divisaient ainsi entr'eux : 1° De la Quinte. Thiviers. Excideuil. Champagnac. Valeuil. 2° Neuvic. St-Marcel. Vélines. 3° Perdux. Vieux-Mareuil. Pilhac. 4° Sarlat. Castelnaud. 5° Limeuil. Belvès. 6° Flaugeac. Capdrot. 7° Villabone. Gouts. Peyrat. Vanxains. » En pages 362, vous pouvez trouver toutes les communes, aujourd'hui charentaises, de l'archiprêtré de Peyrat de Villebois. En pages 363 et 365, il est noté que Saint-Christophe de Tude (auj. Chalais) appartenait à l'Archiprêtré de Vanxains (auj. Dordogne) en 1732. Saint-Christophe aurait donc rejoint l'Archiprêtré de Pilhac (auj. Charente) après 1732, sachant que la province du Périgord n'a disparu qu'en 1790. **** ( pages 365 et 366 ) V. Archiprêtré de Pilhac (auj. Charente) « C. de St-Romain Abb. d'Aubeterre avec ses annexes. Vic. perpet. d'Aubeterre. C. de St.Christofle-d'Estudo (de Tude ) C. de St-Quentin. C. de Rouffiat (Rouffiac). C.d'Orival. Cure de St-Martial. C. de Bonnes. C. de Belon. C. de Courlat (Courlac). C. de Bord (Bors). » ... Il y a bien d'autres communes, mais nous vous laisserons regarder le document d'archive par vous-même. Si vous voyez le nom (Charente), entre parenthèses, cela veut dire que ces communes sont aujourd'hui en Charente, mais dépendaient bien du Périgord via leurs archiprêtrés. **** A Palluaud. photo : Abritel Chroniques de J. Froissart. T. 8, 1 (1370-1377) Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France ( page IX ) « 2. Raymond de Mareuil parait avoir eu ses possessions en Périgord, sur les confins de cette province et de l'Angoumois, bien plutôt qu'en Limousin. Par acte daté de Paris en mai 1354, Jean II fit don de 400 florins à l'écu et de 100 livres de rente à prendre sur le comté d'Angoulême à Raymond de Mareuil, écuyer, lequel avait servi sous le connétable Charles d'Espagne et avait repris sur les Anglais les châteaux de Mareuil (auj. Mareuil-sur-Belle, Dordogne, arr. Nontron), de Paluel (auj. Palluaud, Charente, arr. Barbezieux, c. Montmoreau) et d'Agonac (Dordogne, arr. Périgueux, c. Brantôme), situés en Périgord (Arch. Nat., JJ 82, n° 196). 3. Raymond de Mareuil s'était rallié au parti français dès le 29 juin 1369 (voyez t. VII, sommaire, p. LXXXVIII, note 2). Par divers actes datés de Paris au mois de juillet de cette année, Charles V avait donné à Raymond de Mareuil, chevalier, les châteaux de Villebois en Périgord ( auj. Villebois-Lavallette, Charente, arr. Angoulême ) et de Courtenay (Arch. Nat., JJ 100, f 205, 223, 288 ; J 426, n°21). Palluaud et Villebois, rattachés actuellement à la Charente, ont toujours fait partie du diocèse de Périgueux et du Périgord. » Château de Villebois VIEILLES DEMEURES DE LA REGION DE VILEBOIS-LAVALETTE (1993) A 8 minutes et 10 secondes, l'auteur de la vidéo va au prieuré de Ronsenac et laisse parler le propriétaire des lieux. Il dit bien que nous étions dans le Périgord. église et prieuré de Ronsenac photo : Jean Ravaux **** Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord. 1894. Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France Note sur des chemins Gaulois et sur des voies romaines en Périgord ( page 59 ) 👇👇👇 👉 Palluaud est une commune du Sud-Ouest de la France, située dans le département de la Charente (région Nouvelle-Aquitaine). (cf) 👉 Villebois-Lavalette est une commune du Sud-Ouest de la France, située dans le département de la Charente (région Nouvelle-Aquitaine). (cf) Conclusion : Palluaud (Archiprêtré de Pilhac) et Villebois (Archiprêtré de Peyrat), rattachés actuellement à la Charente, ont toujours fait partie du diocèse de Périgueux et du Périgord. Par conséquent, les Archiprêtrés de Pilhac (Pillac) et Peyrat étaient bien dans la Périgord, qui aujourd'hui sont dans l'actuelle département de la Charente. **** Le Périgord illustré Guide monumental ( page 74 ) « La province du Périgord a presque formé le département de la Dordogne, dont Périgueux est le chef-lieu. Nous disons presque, parce qu'à l'époque de la formation des départements, on en détacha quelques communes. C'est ainsi que la ville d'Aubeterre a cessé de faire partie du Périgord pour être jointe à la Charente. » ( page 620 ) « Dans la direction du chemin de Ribérac à Aubeterre, ville qui ne fait plus partie du département de la Dordogne, on trouve, dans la commune d'Allemans, des traits, des dards en silex et des haches celtiques ; (...) » église monolithe d'Aubeterre **** Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France LISTE DES ABBÉS QUI ONT GOUVERNÉ LES ANCIENNES ABBAYES DE LA PROVINCE DU PÉRIGORD. ( cliquez sur le titre ci-dessous ) ( page 260 ) I. ABBÉS DAUBETERRE (1) (1) Voir sur l'abbaye d'Aubeterre (ecclesia sancti Salvatoris Albaterrentis) le fonds Périgord, t. xxxttt, f*' 5-48, et le Gallia christiana, t. H, col. 148. ( page 342 ) II. Le dénombrement du diocèse de Périgueux en 1732 provient du couvent de Plagnac, fondé dans la circonscription actuelle de Saint-Martin de l'Herm ou de Gurçon, par la famille de Foix de Candalle. Ce couvent était une succursale des Minimes d'Aubeterre (aujourd'hui de la Charente). Quelques frontières à découvrir, qui pourraient vous laisser, pour certaines, sans voix : Bulletin et mémoires de la Société archéologique et historique de la Charente. 1933. Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France ( page CXII et CXIII ) « C'est en ce point que se trouve la limite actuelle du département de la Charente qui sera séparé de la Dordogne par la Dronne d'abord, puis par la Lizonne, pendant de nombreux kilomètres. Mais l'Election d'Angoulême ne s'arrêtait pas là. Elle descendait la Dronne jusqu'au village de Parcoul, le contournait par le Nord pour le laisser à la Saintonge, longeait par l'Ouest Puymangou, la Côte et Saint-Michel qui étaient d'Angoumois, jusqu'au cours de la Chalaure qu'elle descendait pendant deux km. Elle remontait alors un petit affluent de la Chalaure jusqu'à Fougereau qui était Guienne suivant la limite actuelle des départements de la Gironde et de la Dordogne jusqu'à hauteur du village du Bost. La limite partait alors vers l'Est, laissant le Bost à l'Angoumois, bordait Chauvet, Périgord, passait à la cote 11, contournait Servanches par le Nord jusque vers la cote 118, puis se dirigeait vers le Nord, coupant en deux le village de Saint-Vincent-Jalmoutiers, dont elle englobait dans l'Angoumois la partie Ouest et finalement atteignait la limite actuelle du département de la Charente à un km au Nord-Est de Saint-Aulaye qui était Angoumois et est aujourd'hui Dordogne. La Charente a été amputée là des communes de Saint-Michel, Puymangou, Chenaud, Saint-Aulaye et d'une partie de Saint-Vincent-Jalmoutiers. A partir de Saint-Aulaye, l'ancienne limite correspond à peu près avec la limite actuelle. Cependant, si la carte de Cassini est exacte, la Dordogne aurait incorporé une longue et étroite bande de terrain partant à hauteur du village de Bonnes, qui aurait donné à l'Angoumois le village de Saint-Antoine, en face d'Aubeterre et aurait rejoint la limite actuelle à Petit-Bersac. La limite se continue sans modification jusqu'à la séparation entre les communes de Mainzac (Angoumois) et d'Hautefaye (Périgord). Cependant, la carte de Cassini n'indique pas la dent que fait sur la rive droite de la Lizonne le village de la Joufrenie, dépendant de l'ancienne paroisse de Fontaine. C'est certainement une erreur de Cassini. Les deux limites se séparent entre le village de Mainzac (Angoumois) et La Chapelle-Robert (Périgord). La limite laissait Souffrignac au Périgord, traversait le Bandiat entre Marthon et Le Maine-Gué, laissait Chez-Vincent et Chez-Manot au Périgord et atteignait la Tardoire près de Montbron à la bouche de Chez-Clergeau qui était Périgord. La limite remontait à la Tardoire jusqu'à l'a limite actuelle des deux départements, et elle la suivait jusqu'à la rencontre des trois départements de Charente, Dordogne et Haute-Vienne où se trouvait en même temps la réunion des trois provinces, Angoumois, Périgord et Poitou, cette dernière représentée par son enclave limousine de la Vicomté de Rochechouart. » La Famille d'Aubeterre, ou Scènes du XVIe siècle , roman historique, par Mme de *** Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France ( page 1 ) Chapitre 1 « La jeunesse du vicomte d'Aubeterre, dernier rejeton d'une noble et ancienne famille du Périgord, s'écoulait à la cour de Henri II et de Charles IX, avec tout l'éclat qu'offrait cette époque à ceux qui cherchaient l'occasion de se distinguer. » ( pages 32, 33 et 34 ) Chapitre 2 « Consterné de ces scènes sanglantes, dont il ne put éviter d'être le témoin, le sénéchal qui prévoyait que les troubles affreux qu'elles occasionnaient dureraient plus qu'elles, céda sans peine aux ordres de la reine, et repartit pour le Périgord, où sa présence devenait indispensable. On suppose cependant qu'il n'y retourna pas directement, ou du moins il s'arrêta suffisamment en route pour ramener avec lui un fort beau petit garçon, âgé d'environ quatre ans, qu'il nommait Aimar, et dont il ne fit point connaître la famille. Le bruit se répandit dans le château et les environs que cet enfant était son parent, et e vicomte laissa accréditer cette opinion. Il arrivait fréquemment alors que les rejetons des branches éloignées fussent confiés aux chefs des familles, qui mettaient un certain amour-propre à les élever et à les faire instruire de tout ce qui composait l'éducation d'un gentilhomme, sans qu'il en coutât rien à leurs parents peu fortunés. l'installation de cet enfant au château d'Aubeterre ne parut donc pas un évènement qui méritât de fixer l'attention du public, que le cours des évènements suffisait d'ailleurs pour absorber. » carte du comté du Périgord à l'époque romaine Un peu d'histoire : (Wikipédia : cf) Le nom « Périgord » vient du peuple gaulois des Pétrocores, Petrocorii en gaulois ce qui veut dire (le Peuple des) « Quatre armées ». Au XIIIe siècle, le royaume de France est divisé en provinces et sénéchaussées. Par cette division, le Peyragort est borné au nord par l’Angoumois et le Limousin ; au levant par le Bas-Limousin ; au midi par le Quercy et l’Agenais ; au couchant par le Bordelais et la Saintonge. En 1790, le département de la Dordogne est créé à peu près dans les mêmes limites que le Périgord. Il empiète sur quelques terres de l'Angoumois, de la Saintonge, du Quercy et du Limousin. Les apports ou les détachements faits sur les régions voisines correspondant à des redécoupages de diocèses épiscopaux, ont été de peu d’étendue. La notion de comté pour le Périgord est apparue sous Charlemagne. Le comté était la base des divisions territoriales réalisées pour délimiter un « pagus », dont l’administration civile était confiée à un comte nommé par l’empereur. Ce vassal avait délégation de pouvoir pour administrer une cité et tous les « pagi » qui s’y rattachaient. Le premier d’entre eux nommé par Charlemagne, pour le Périgord, fut Wildbade en 778. Hormis le nom, l’action et les successeurs de ce premier gouverneur du Périgord, ayant le titre de comte, sont méconnus. En 1360, le Périgord passe sous souveraineté anglaise par le traité de Brétigny. Charles d'Orléans, comte de Périgord est fait prisonnier à l'issue de la bataille d'Azincourt, en 1415. Il reste prisonnier en Angleterre jusqu'en 1440. Le 14 décembre 1430, Charles d'Orléans donne à son frère naturel Jean, bâtard d'Orléans, futur comte de Dunois, le comté de Périgord en échange de celui de Porcien. Mais cette donation était peut-être fictive. Finalement, le 4 mars 1438, pour se procurer les fonds nécessaires à sa rançon, Charles d'Orléans vend le comté à Jean de Châtillon dit Jean de L'Aigle, fils de Jean Ier de Châtillon, seigneur de Laigle, comte de Penthièvre, vicomte de Limoges, moyennant la somme de 16 000 réaux d'or et 10 000 florins qui étaient dus par feu Louis d'Orléans à Olivier de Clisson, dont Jean de Bretagne était héritier. En 1454, le comté revient à Guillaume de Châtillon-Blois, frère de Jean de Bretagne. En 1455, à la mort de Guillaume de Châtillon-Blois, le comté revient à sa fille aînée Françoise qui apporte en dot le comté en 1470 lors de son mariage avec Alain, sire d'Albret. Le comté est gouverné par Henri II de Navarre et d'Albret, époux en 1526 de Marguerite d'Alençon, sœur du roi François Ier. À sa mort en 1555, le comté de Périgord revient à Jeanne d'Albret, épouse d'Antoine de Bourbon, descendant des Capétiens. À la mort de Jeanne d'Albret, en 1572, le comté passe à son fils, Henri III de Navarre, qui devient roi de France à la mort d'Henri III en 1589. En 1584, Henri de Navarre cède ses droits sur le Périgord à sa sœur Catherine de Bourbon, qui meurt sans enfant en 1604. Par l'édit de juillet 1607, le comté de Périgord est définitivement réuni à la couronne. (Source : https://espritdepays.com/histoire-du-perigord/dates-cles-de-lhistoire-perigord) La carte du Périgord faite par l'Évêché de Périgueux, avec deux agrandissements pour vous montrer la partie Charentaise. Partie septentrionale de la Sénéchaussée de Périgord. Partie septentrionale de l'Élection de Périgord. Nous voyons bien que "Aubeterre-sur-Dronne" et "Villebois-Lavalette" (actuellement Charente) se trouvent dans le Périgord, au même titre que "Bazac" ; "St Quentin (auj. St Quentin-de-Chalais)" ; "St Christophe (auj. rattaché à Chalais)" ; "Rouffiac" ; "Bonnes" ; "St Romain" ; "Belon" ; "Palluaud" ; "Laprade" ; "Nabinaud" ; "Edon" ; "Juignac" ; "Gurat" ; "Blanzaguet-Saint-Cybard" ; "Salles-Lavalette", entre autres et appartiennent aux Archiprêtré de Pilhac et de Peyrat dans la partie septentrionale de la Sénéchaussée de Périgord du Diocèse de Périgueux pour les Elections de Périgord. Cette carte atteste bien que certaines parties (et pas des moindre, d'ailleurs) de la Charente actuelle appartenaient au Périgord et s'avèrent relativement assez vastes. Mais elle sera appuyée par des écrits trouvés dans les archives. datation carte : 1679 Qu'est ce qu'un diocèse : Le diocèse (du latin : diœcesis ou diocesis, qui vient lui-même du grec ancien διοίκησις / dioíkêsis, « administration, gouvernement ») est une circonscription territoriale de l'Empire romain conçue sous Dioclétien, à la fin du IIIe siècle. Dans les Gaules, on trouve les premiers évêques au chef-lieu des anciennes cités gauloises, devenues circonscriptions romaines, puis laissées en déshérence au Bas-Empire. Elles demeurent le territoire presque inchangé des diocèses jusqu'à la départementalisation à l'époque de la Révolution. Les diocèses du Périgord étaient Périgueux et Sarlat. La Charente est donc bien l'héritière de l'ancienne province du Périgord au même titre que la Dordogne. Oui, la Charente possède toujours un bout du Périgord vert de nos jours. Nous en retrouvons des traces qui le prouvent et qu'il faut bien admettre. Des traces oubliées ... Le château de Chalais (autrefois Saintonge) D'ailleurs, parlons des Talleyrands-Périgord. Dans les mémoires de Talleyrand "Le prince immobile", la confession donne de belles preuves : "A 4 ans, (...) la femme chez laquelle on m'avait mis en pension me laissa tomber de dessus une commode. Je me démis un pied ; elle fut plusieurs mois sans le dire ; on s'en aperçut lorsqu'on vint me prendre pour m'envoyer en Périgord chez Mme de Chalais, ma grand-mère." (au château de Chalais, en Charente) "J'appuie à Chalais tout ce qu'on savait dans le pays quand on est bien élevé ; cela se bornait à lire, à écrire et à parler un peu le périgourdin". Emmanuel de Waresquiel, historien français, parle lui de « supercherie généalogique » pour qualifier cette prétention généalogique et cite ce mot de Louis XVIII à propos de son ministre des Affaires étrangères : « M. de Talleyrand ne se trompe que d’une lettre dans ses prétentions ; il est du Périgord et non de Périgord. » (cf) Cette remarque pourrait confirmer les propos de Talleyrand dans ses mémoires. Chalais reste pour l'instant un mystère quand à sa place dans le Périgord. Chalais fait-elle partie du Périgord ? Oui et non. Nous allons élucider ce mystère, car Talleyrand le mentionne bien dans ces mémoires et cela reste une source sûre. Nous allons décrypter tout ça. Le château de Chalais appartenait à la princesse Marie-Françoise de Rochechouart de Mortemart, la grand-mère de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord. Le château de Chalais se trouve pourtant en Saintonge. Mais alors, pourquoi dit-il : "... pour m'envoyer en Périgord chez Mme de Chalais, ma grand-mère" ? Nous savons que l'église seigneuriale Saint-Martial de Chalais dépendait du diocèse de Saintes, donc Chalais se trouvait en Saintonge, car Saintes est la capitale de la Saintonge, et se trouvait être intimement liée à la famille des Talleyrand-Périgord. Elle possède une façade caractéristique de l'art Saintongeais. N'oublions pas que la ville de Chalais n'a pas toujours fait la taille d'aujourd'hui. Carte : archives départementale de la Charente Carte : archives départementale de la Charente Autrefois, le village de Chalais s'étendait autour du château et s'arrêtait au bord de la Tude. L'autre côté de la Tude étant des prés marécageux (Près de Lamballerie, Prés de la Glacière, Prés Renfermés et Près du Château) qui s'étendaient pratiquement jusqu'au bord du village de Saint-Christophe, en Périgord (nous allons vous le démontrer plus bas). Les Près qui séparaient Chalais de Saint-Christophe sont les Près Renfermés et Près du Château. Les limites, selon nos recherches, étaient l'ancien lit de la Tude, sorte de "bras ou bifurcation" à la rivière selon les cartes, ce qui correspondrait donc aujourd'hui soit la voie ferrée, soit la route de Bordeaux et la rue du moulin. Le lit principal étant toujours existant de nos jours. Plus tard, nous parlerons de remblais à l'arrivée de la voie ferrée. Pour élucider cette énigme, car nous le savons tous, maintenant, nous avons retrouvé les traces du Périgord jusqu'aux villages de Saint-Christophe et Rouffiac, aux portes de Chalais. Saint-Christophe, appartenait à l'Archiprêtré de Pilhac qui dépendait du diocèse de Périgueux, en Périgord et se trouvait aux portes de Chalais, séparée par la Tude et une zone marécageuse. Comme nous l'avons vu plus haut et prouvé avec plusieurs archives officielles, Aubeterre fait parti du Périgord. Nous avons aussi découvert que Saint-Christophe appartenait à la juridiction de la Châtellenie d'Aubeterre. source : Archives départementales de la Charente château de Labaurie du côté du quartier Saint-Christophe à Chalais le nom s'écrivait autrefois : Château de La Borie. * Notice sur la Terre et Seigneurie de la Borie située Commune de Saint-Christophe-de-Tude, Canton de Chalais (Charente) source : cliquer ici Dans sa notice sur la Terre et Seigneurie de la Borie, H.Lafitte écrit ceci : « La commune de Saint-Christophe-de-Tude faisait autrefois partie du marquisat d'Aubeterre et dépendait de l'Angoumois, ainsi que les communes de Courlac, Orival, Saint-Avit, Saint-Quentin et Bazac, tandis que Chalais et son territoire appartenaient à la Saintonge. Mais, depuis 1790, toutes ces localités sont comprises dans le département de la Charente. Après avoir été, dit-on, au Moyen-Age, Un ancien fort avancé du château de Chalais, le château de La Borie était devenu le siège d'une seigneurie dont les terres étaient situées sur la commune de Saint-Christophe et en composaient la plus grande partie. » En soit, les faits sont vrais, mais H.Lafitte oublie certains faits historiques bien plus importants et ce qu'il écrit porte une réelle confusion quand à la vérité historique sur le château de la Borie (auj. Labaurie) et de sa commune Saint-Christophe (auj. devenu Chalais). Le château de la Borie a toujours fait parti du Périgord, au même titre que Saint-Christophe. Rétablissons un peu la vérité ... H.Laffite a dû faire référence à la carte de l'Évêché d'Angoulême de l'Angoumois sans prêter attention aux faits réels. La commune de Saint-Christophe-de-Tude votait aux élections d'Angoulême, mais était restée dans l'archiprêtré de Pilhac (Pillac) dans le diocèse de Périgueux, donc le Périgord, jusqu'à la révolution où il a été repris pour former le département de la Charente. Évêché d'Angoulême, Angoumois. 1694 source : https://gallica.bnf.fr/ Le château de la Borie était sur la commune de Saint-Christophe qui dépendait de la châtellenie d'Aubeterre, dans l'archiprêtré de Pilhac du diocèse de Périgueux en Périgord. Les preuves en attestent avec les livres de Léon Dessalles "Histoire du Périgord" (1803-1878) et les Ban et Arrière-Ban de la sénéchaussée du Périgord en 1557. Léon Dessalles était un historien et archiviste en chef du département de la Dordogne. Histoire du Périgord. Tome 1 par Léon Dessalles Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France ( page 17 et 18 ) L'archiprêtré (...) de Pilhac et du Peyrat (trente-quatre communes unies au département de la Charente), avaient été détachés administrativement de la sénéchaussée du Périgord longtemps avant 1789, mais continuèrent à faire partie du diocèse jusqu'à la révolution, (...) ( page 18 ) Il demeure donc démontré, par les faits, que la partie de l'ancien Périgord, correspondant à l'évêché de Périgueux, comprenait deux archiprêtrés que l'Angoumois avait fini par s'approprier, (...) ( page 342 ) L'archiprêtré de PILLAC réunissait les paroisses qui suivent : Pillac, Palluau, Aubeterre, Miran, Cheneaux, Bazac, St-Quentin, La Menescle, St-Christophe, Rouffiac, Les Essarts, Bonnes, Aurivalle, Courlac, Bellou, St-Martial, St-Romain, La Prade, Nabinaux, Bars, St-Severin, Juniac, Montignac-le-Coq, Salles, Vaux, et Saint-Amand-de-Montmoreau. L'archiprêtré de PEYRAT comprenait : Le Peyrat, Lavalette, Garde, St-Cybart, Blanzaguei, Ronsenac, Edon et Gurac. **** Ban et Arrière-ban de la sénéchaussée de Périgord. 1557. ou la noblesse de cette province au XVIème siècle. Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France ( pages 18, 19, 22 et 24 ) Ensuyt ceulx que cy devant aux rolles précédons et convocation faite cy devant du ban et arrière-ban de Périgort ont estés déclarés exempt du service et contribution au dit ban et arrière-ban. 34° Messire Christophe de Roffignac, chevalier seigneur de Marzac, second président en la court de parlement de Bourdeaux, se dict estre exempt en vertu du privilége octroyé par le roy à messieurs des cours de parlement. 53° Le seigneur de La Borie, se disent exempts en vertu du privilège octroyé par le roy aux habitans de la ville de Périgueux, en laquelle ils sont habitans. **** Tout ceci pourrait expliquerait pourquoi Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord mentionne Chalais comme étant en Périgord, même si la ville initiale et le château sont pour le coup en Saintonge. Mais avec ces regroupements administratifs en 1946, Saint-Christophe a été rattaché à Chalais pour devenir Chalais à part entière. Par conséquent, la ville de Chalais est coupée en deux par le Périgord et la Saintonge au niveau de la Tude. L'église Saint-Christophe photo : Wikipédia Au cours du XIXe siècle, Chalais et Saint-Christophe se réunissent grâce à l'implantation de la voie ferrée. Même si la voie semble aujourd'hui scinder en deux la petite agglomération, il ne nous faut pas oublier que c'est la construction de l'avenue de la gare et les remblais apportés grâce aux travaux ferrés qui ont permis d'établir un lien pérenne entre les petites villes, presque un siècle avant leur fusion administrative, qui eu lieu en 1946. Saint-Christophe devient à part entière Chalais. (cf) photo : Wikiwand Le pont de Chalais, passe par-dessus la Tude qui serait, donc, la frontière entre la Saintonge à droite (vers le château Talleyrand-Périgord et son cloître) et le Périgord à gauche (vers la gare, l'église Saint-Christophe et le château Labaurie) le morceau de carte ci-dessous démontre bien que la Tude est, en très grosse majorité, la frontière entre le Périgord et la Saintonge. source : Archives Dordogne Il apparaît aujourd'hui encore bien difficile d'écrire l'histoire de Saint-Christophe qui, bien avant d'être un quartier de Chalais, était non seulement une commune à part entière mais, qui plus est, en avait été séparée pendant les premiers siècles de leur existence conjointe par une zone marécageuse s'étendant dans la vallée de la Tude. (cf) Carte : archives départementale de la Charente En sud-Charente, vous retrouverez donc la ville de Chalais où se dresse le château des Talleyrands-Périgord. Aujourd'hui il appartient à Yves Lecoq qui le rénove parfaitement bien. D'ailleurs, à Chalais, vous y trouverez bon nombre de produits du Périgord pour faire ravir les papilles ( et en plus, du bon côté de la frontière 😉 ). Cathédrale Saint-Front à Périgueux photo : Local Traveller Saint Front est souvent cité comme le premier évêque de Périgueux, au 1er siècle. Mais ce diocèse fut peut-être érigé au IIIe siècle, et son existence n'est attestée qu'en 361. Suffragant de Bordeaux dans la Deuxième Aquitaine. Le 13 août 1317 fondation du diocèse de Sarlat au détriment de celui de Périgueux. Supprimé le 29 novembre 1801 au profit du du diocèse d'Angoulême, rétabli le 6 octobre 1822 pour le département de la Dordogne. Il absorba alors le diocèse de Sarlat et reprit son titre le 17 juin 1854. Toujours suffragant de Bordeaux. (cf) L'année 1790 signait la fin des provinces du Périgord, d'Angoumois et de Saintonge, entre autres, gérées par les diocèses, et vit la naissance des départements gérés par leurs députés et chefs-lieux. 10 ans plus tard se rajouteront les préfets créés sous Napoléon Bonaparte le 17 février 1800, remplaçants les rôles d'intendants sous la royauté. L'ANGOUMOIS source : Universalis Ancienne province de France au nord du bassin d'Aquitaine, l'Angoumois correspond approximativement au département de la Charente. La cité d'Angoulême fut constituée à la fin du IVe siècle. Son pays, uni au Périgord et à l'Agenais, forma un comté en 866. Guillaume III Taillefer (988-1028) et Guillaume IV (1087-1120) marquent l'apogée de la puissance angoumoise. Mais bientôt Plantagenêts et Capétiens font du comté un enjeu au cœur de leur rivalité. En 1200, Jean sans Terre enlève même la dernière des Taillefer, Isabelle, à son fiancé Hugues de Lusignan, juste avant leur mariage. Cet enlèvement permet à Philippe Auguste de faire déclarer félon son dangereux rival et de faire saisir tous ses fiefs dans la mouvance française. Quant à Hugues et à Isabelle, constants dans leur projet, ils doivent attendre seize ans la mort de ce mari indésirable. Par leur union, ils reconstituent presque la grande Aquitaine. C'est compter sans l'intervention capétienne. La révolte de Lusignan (1241) n'aboutit qu'à sa renonciation à l'Aunis et à la Saintonge. Et Philippe le Bel incorpore l'Angoumois au royaume, à la mort du dernier comte (1308). Cédé aux Anglais en 1360 mais reconquis dès 1373, il est apanagé. François Ier l'érige en duché-pairie pour sa mère. Les XVIe et XVIIe siècles sont marqués par des « fureurs paysannes » contre l'impôt et par les misères dues aux guerres de Religion et à la révocation de l'édit de Nantes, qui fait disparaître les trois quarts des papetiers d'Angoulême. Cependant, la production de cognac prend son essor sous Louis XIV. L'Angoumois forme une généralité en 1692. — Gabriel LLOBET Lors de la réorganisation territoriale des diocèses à la Révolution Française, ont été agrégées au diocèse d'Angoulême 44 paroisses du diocèse de Limoges, 38 de celui de Périgueux, 68 de celui de Poitiers et plus de 100 de l’ancien diocèse de Saintes. Mais celle-ci a pour conséquence aussi de transformer la cathédrale en temple de la raison à partir de 1793 : des « Fêtes de la Raison » y sont organisés le 10 frimaire an II du fait de la « déchristianisation » amorcée par le gouvernement révolutionnaire. L'évêque Pierre-Mathieu Joubert se sécularise, le culte ayant été aboli. Le diocèse ne connaît pas d'évêque jusqu'en 1802. (cf) (cf) Tous nos articles en rapport avec les lieux en Charente-Périgord 🗿 L'église monolithe d'Aubeterre-sur-Dronne 🧭 Aubeterre, un village de caractère en Sud-Charente 🎯 La princesse de Chalais & Talleyrand-Périgord ♟ La conspiration de Chalais Quelques photos du Périgord Charentais

Mitterrand : de la maison natale de Jarnac à Toutvent

Photo : © Charente Périgord https://www.maison-natale-francois-mitterrand.org/ Ce lundi 8 janvier 1996, Jacques Chirac fraîchement élu aux élections présidentielles de 95 s'apprête à présenter ses vœux à la presse devant un parterre de journalistes où court une triste rumeur depuis une trentaine de minutes. 10h55, une dépêche de l'AFP confirme ce bruit qui circule dans tout Paris. Il est 11h, le Président de la République entre dans la grande salle, s'avance et au lieu de présenter ses vœux, le regard empli d'émotions déclare à cette assemblée silencieuse : "Le Président François Mitterrand nous a quittés ce matin". Un an plus tôt, lors de ces derniers vœux présidentielles adressés au peuple français pour lequel il gardera jusqu'au bout son cœur plein de reconnaissance, prononçait cette phrase puissante qui encore aujourd'hui procure une étrange sensation, "Je crois aux forces de l'esprit et je ne vous quitterai pas" mettre le son de cette vidéo pour continuer l'article Juillet 2020, nous flânons David, Jumper et moi sur les bords de la Charente dans cette petite ville de Jarnac. Mes yeux s'arrêtent un instant sur ces tilleuls qui embaument mon esprit. Ceux-là même qu'il y a près d'un siècle déjà l'enfant du pays aimait lui aussi regarder, sentir et sans doute toucher, lui qui fut proche de la nature et qui la connaissait. Photos : © Charente Périgord Nous prenons la direction de l'ancienne vinaigrerie de la famille. Nous y sommes attendu par Benjamin, sa collègue et un hôte dont nous ignorons encore la présence. Nous franchissons la grande porte d'entrée et nous sommes aussitôt transportés dans un autre univers. Derrière ces murs se trouve un immense jardin où le temps semble s'être arrêté et apaise le visiteur qui entre. La maison qui se trouve sur la droite est elle aussi Hors du temps, les objets, les meubles, les rideaux, les livres n'ont pas bougé depuis le départ de son illustre habitant. La maison natale Photo : © Charente Périgord En est-il réellement parti ? Tout au long de notre visite nous sentons la présence tantôt du Président, tantôt du petit garçon et qui, de sa chambre, écoutait les oiseaux posés sur l'arbre face à la fenêtre. La présence est si forte qu'à chaque instant nous nous attendons à voir passer en courant le petit François Mitterrand au bout d'un couloir ou apercevoir l'homme politique qu'il est devenu. La vinaigrerie Photo : © Charente Périgord Aujourd'hui, je ne parlerai pas d'Histoire car ce n'est pas son parcours que j'ai souhaité évoquer, nous le connaissons tous. Je ne veux pas non plus détailler la maison car celle-ci doit se découvrir, se livrer d'elle-même à vous. La vinaigrerie vue du patio du musée Photo : © Charente Périgord Ce n'est que mon ressenti que je veux vous donner, car aucune des maisons d'illustres personnages de notre histoire ne m'avait, jusque là, offert une si grande émotion. S'il est un lieux que François Mitterrand n'a bel et bien pas quitté, c'est sa petite ville de Jarnac et sa maison familiale. Le patio et le musée Photo : © Charente Périgord Si vous passez par là, n'hésitez pas un instant et rendez-vous à la vinaigrerie, la famille Mitterrand vous y attend... La vinaigrerie Photos : © Charente Périgord « Ma vie politique m’a conduit vers un terroir différent, auquel j’ai voué beaucoup d’attachement. Pourtant, je n’ai jamais quitté vraiment Jarnac. Je reviens de temps à autres dans la maison où je suis né, dans la maison où mes parents, mes grands-parents ont vécu… Je revois le quai de l’Orangerie, juste au débouché de chez moi, avec les maisons bien dessinées, les tilleuls que je respirais avec passion ». François Mitterrand. Photos : © Charente Périgord Les jardins de la maison natale et de la vinaigrerie Photo : © Charente Périgord Il faut dire qu'un magnifique travail de restauration a été effectué pour rendre aux lieux leurs beautés d'antan. Nous ne pensions pas entrer dans un petit havre de paix. Une douceur de vivre flottait dans ce jardin. Des parfums enivrants de fleurs embaumaient l'air que nous respirions. Des oiseaux chantaient et batifolaient, tournoyant dans leur espace conquis. Nous ne nous attendions pas à ça, surtout que les rues de Jarnac ne sont pas si attrayantes que ça, mais recèlent de petits trésors historiques à découvrir et débusquer. D'ailleurs, vous avez, à Jarnac, un parcours Terra Aventura qui vous permettra de découvrir la ville et l'apprécier, tout en passant par la maison natale. Loïc sur la Charente à Jarnac Photo : © Charente Périgord Nous nous sommes pourtant promenés sur les bords du fleuve "Charente" et ainsi nous avons pu ressentir cette vie paisible au bord de l'eau, ces joies de vivre des moments en famille et de partager un pic-nic en regardant les autres plonger, rigoler et s'amuser dans l'insouciance d'un été plein de promesses. N'êtes-vous pas nostalgiques de ces moments de bonheur que vous viviez étant enfant ou ado ? Et bien, c'est ça que nous avons ressenti sur les rives éternelles de notre "Charente" tant aimée. Ici coule, comme le disait François 1er "la plus belle rivière de France". Les quais et la Charente à Jarnac Photos : © Charente Périgord Tic tac, l'heure tourne. Nous sommes sur le domaine où Mr Mitterrand aimait revenir, se ressourcer, se poser et réfléchir. Que nous soyons adepte ou pas du personnage, nous sommes ici pour voir les lieux de celui qui fut un jour notre président de la République. Comme expliqué par Loïc juste au-dessus, la maison doit se découvrir et se livrer par elle-même, à vous. Le grand salon Photo : © Charente Périgord L'intérieur est resté intact, chaque chose à sa place, comme figée dans l'espace temps de son époque. Chaque fauteuils, objets et tableaux, chaque lits et tables trônaient à la place qui leur avait été octroyée. Nous imaginons l'enfance, la présidence, la vie d'un homme qui aimait être là, proche de ses souvenirs, de son jardin, de sa nostalgie qui lui permettait de s'évader, le temps d'un aparté mis de côté. La maison natale : salon, chambres et cuisine Photos : © Charente Périgord Chaque pièce témoigne d'un passé entier qui ne demande qu'à vous révéler l'histoire d'une famille qui, maintenant, fait parti du patrimoine Jarnacais, mais aussi national. Nous traversons les salles les une après les autres. Nous admirons cet esprit qui habite les lieux, illustrés par les meubles, les tapisseries et les vaisselles d'époque : une autre époque. La chambre et salle-de-bain de François Mitterrand à Jarnac Tout est d'origine, resté intact et à sa place ! Photos : © Charente Périgord Jumper pose dans le jardin de la maison natale Photos : © Charente Périgord Jumper Va maintenant vous dévoiler l'autre maison que Mr Mitterrand chérissait tant. Elle se trouve à "Toutvent", dans le Sud-Charente, juste à côté d'Aubeterre-sur-Dronne et à la frontière du Périgord. C'était celle de ses grands-parents. Si vous ne connaissez pas Aubeterre, vous pouvez découvrir le village sur nos articles : Aubeterre, un village de caractère en Sud-Charente & L'église monolithe d'Aubeterre-sur-Dronne. Toutvent, le paradis perdu de François Mitterrand Panneau de Toutvent Photos : © Charente Périgord Michel Winock, qui a écrit la biographie de François Mitterrand aux éditions "Folio", livre une partie de la vie de l'enfance de notre ancien président. Les descriptions de ses moments en Sud-Charente sont sublimes : Extrait 1 : Chapitre premier : Un enfant "Barrésien" : La terre et les morts (pages 16 & 17) éditions Folio « Les heures de son enfance sont partagées entre Jarnac, où il est né et où habitent ses parents, et, à soixante-dix kilomètres de là, à Nabinaud, non loin d'Aubeterre-sur-Dronne, la maison isolée de Toutvent, le "domaine enchanté" du grand-père maternel Jules Lorrain, où il passe une partie de l'année. Entre bois, rivières, coteaux et forêts, il s'immerge dans la nature : "J'avais la tête pleine de musique naturelle : le vent qui claque sec, la rivière. Chaque heure avait son odeur. J'avais une vie sensorielle." Il s'enivre des paysages, parcourt à bicyclette les sentiers bordés de haies d'épines, s'attarde devant les arbres séculaires, le chêne rouvre ou le pin limousin, jouit de la lumière unique, du soleil vif et chaud sur les blés prêts à mûrir, célèbre secrètement en vers la Seudre, la Charente, la Gironde. Il aime visiter les églises romanes, dont la région regorge : déjà à Jarnac, l'ancienne abbatiale du XIe siècle, à Aubeterre l'église monolithe dédiée à Saint Jean, plus loin à Aulnay, aux confins du Poitou et de la Saintonge, le joyau Saint-Pierre. » Image Photo : © L'Express Présents sur le domaine de Toutvent à Nabinaud, nous ne pouvions renier la quiétude qui y régnait. Cette plénitude, nous la ressentions. Cette allée d'arbres, plantée par le grand-père de François Mitterrand, était majestueuse et offrait une voie verte, presque royale, à un domaine qu'il a tant aimé et regretté. Loïc n'a pas grandi en sud-Charente, mais moi, si. Barbezieux, Chalais, Aubeterre, Villebois, Guizengard, Montmoreau, Cressac saint-Genis et bien d'autres ; tous ces villages de charme ont fait mon enfance, au même titre que Mr Mitterrand. Comment ne pas être sensible à cette vision de l'enfance, à cette sensation de bonheur quand nous sommes dans le sud de la Charente. Le Sud-Charente, terre d'héritages, a porté en son sein bon nombre de personne et les a rendu heureux de part l'expérience naturelle de la vie qui leur a été donnée ici. Le Périgord est à notre porte, il suffisait d'un pas. Brantôme n'est pas loin, Bourdeilles non plus. Que des villages titre que nous pouvons évoquer et qui forgent le mystère des souvenirs d'enfances et la nostalgie d'une époque que l'on aimerait revivre. dans le Sud-Charente, c'est étrange, mais c'est comme si le temps s'arrêtait pour vous permettre de vivre pleinement ces petits moments qui feront de vous une personne conquise par le temps et l'espace temps qui vous est offert. La magie du Sud-Charente a hypnotisé l'âme de certains. Loïc découvre et vit la Charente, moi je la revis éternellement. L'allée d'arbres de Toutvent Photos : © Charente Périgord Extrait 2 : Chapitre premier : Un enfant "Barrésien" : La terre et les morts (page 21) éditions Folio « Ainsi que dans mainte famille française de l'époque, son épouse, Eugénie, était dévote ; c'est d'elle qu'Yvonne, la mère de François, avait reçu sa ferveur religieuse. François Mitterrand a tendrement aimé ses grands-parents, cette grande maison de Toutvent, à la limite des départements de la Charente et de la Dordogne, sans eau courante, sans électricité, mais pleine des chants et des rires d'enfants. En voiture à cheval, on se rend à Ribérac pour le marché hebdomadaire, à Aubeterre pour les courses ordinaires, à Nabinaud en fin de semaine pour la messe dominicale. Plénitude de l'enfant sensible à la nature : «De la fenêtre du grenier, je pouvais d'un regard faire le tour de la terre, Nord chevelu d'orme et de chêne, Est pierreux, Ouest de Toscane...» Chaleur familiale répandue par la grand-mère Eugénie et entretenue par Papa Jules toujours gai. La vente de Toutvent, en 1930, lui déchire le cœur, « mon premier deuil », dira le futur Président. » La maison de Toutvent Photos : © Charente Périgord Éditions Folio Résumé : « Prince de l’ambiguïté », personnalité ondoyante, maître de l’équivoque, François Mitterrand a souvent déconcerté ses contemporains : vichyste et résistant, homme de droite devenu chef de la gauche, anticommuniste allié aux communistes, dénonciateur de la Ve République dont il finit par incarner comme personne les formes et les usages les plus discutables. Cet homme doublement enraciné dans sa Saintonge natale et dans son fief du Nivernais, aussi féru de littérature et d’histoire que de politique, sut cultiver le secret, dérouter ses partisans et se montrer un jouteur de première force, combatif mais patient, stratège jamais découragé par l’échec. Devenu Président, François Mitterrand a marqué en profondeur la vie politique française. Figure originale d’un monarque de gauche, il réussit à imposer l’alternance et, par là, à consolider la Constitution. S’il échoue à réaliser les espérances socialistes, il ouvre à la France le nouvel horizon de la construction européenne. Honni ou adulé, complexe et séduisant, il a suscité des fidélités inconditionnelles et des rancunes indélébiles. Chez lui, le privé et le public paraissent si intimement noués que l’un n’est intelligible qu’à la lumière de l’autre. Michel Winock les met en miroir pour explorer la vérité d’un enfant du siècle, qui a traversé les époques, les milieux et les idées sans jamais en renier aucun. FEUILLETER LE LIVRE

VIKINGS : l'invasion de la Charente

Mettre la lecture en route pour suivre l'article Ils ne connaissaient pas la peur mais, ont su l’inspirer aux populations européennes pendant près de deux siècles. Sur les bancs de nos écoles, nous parlons peu de ces peuples scandinaves et nous n’apprenons que leurs expéditions sur la Seine jusqu’à Paris, la légende de Sainte-Geneviève ainsi que, bien évidemment, leur installation dans ce territoire qui deviendra la Normandie. Pourtant, les bords paisibles de la Charente furent eux aussi perturbés par les invasions de ces imposants guerriers venus des pays du nord : les Vikings. Avant d’aller plus loin, arrêtons-nous sur le mot viking, celui-ci apparaît dans les vieux textes en norrois lorsqu’il est évoqué les expéditions de ses guerriers : fara i vikingu. Si nous pouvons traduire cette phrase par « partir en expédition », le mot viking désigne ceux qui partent en expédition, vikingar. Aujourd’hui, par extension et à tort, vous l’aurez compris, nous désignons « viking » tous les anciens habitants de la Scandinavie, ces hommes du nord, les Normands. Dans ce début du IXème siècle, la France, du moins ce qui le deviendra, est épargnée par les raids vikings qui ont déjà commencé sur les côtes britanniques et germaniques. Les côtes de la Neustrie ou de l’Aquitaine doivent leurs tranquillités à leur puissant souverain : Charlemagne. Fils de Pépin le bref, Carolus Magnus devra partager avec son frère Carloman le royaume franc à la mort de celui-ci en 768. En plus de prendre possession de l’héritage de Carloman lorsqu’il décède en 771, Charlemagne se crée un véritable empire en conquérant les marches espagnoles et bretonnes, la Bavière, la Lombardie ou encore la Saxe. La suite, nous la connaissons tous, il se fait couronner empereur le jour de Noël de l’an 800 dans la Basilique Saint-Pierre de Rome. Face à la menace des Danois, des Norvégiens et des Suédois, Charlemagne se dota d’une véritable flotte dont le but était de protéger les ports et surtout les embouchures des fleuves afin de bloquer toutes les incursions dans les terres de son empire. Et ces Vikings, réputés pour avoir peur de rien, craignaient pourtant de s’aventurer sur les plages de l’Empire. Mais les hommes ne sont pas éternels et si à sa mort en 814, son fils Louis dit le pieux parvient à tenir face aux Normands, le partage en trois royaumes de l’empire lorsque lui-même mourut en 840 lors du traité de Verdun fragilise considérablement les lignes défensives et laissa les différents royaumes à la merci des Vikings. À l’automne 845, ils arrivent ! Sur les flots calmes de la Charente où règne habituellement un sentiment de quiétude, de larges et spacieux bateaux faits de pins ou de chênes remontent le fleuve, des knerrir (et non des drakkars), semant le chaos et la terreur sur leur passage. Il n’est pas tout à fait vrai de dire qu’ils aient attendu un affaiblissement du royaume franc pour accoster sur les côtes françaises. En effet, dans une lettre adressée à l’évêque Arno de Salzbourg en 799, Alcuin (~735-804), Abbé de Saint-Martin-de-Tours évoque déjà la présence des Normands en Aquitaine : « Les navires païens, comme vous l’avez appris, causèrent de nombreux malheurs dans les îles de l’océan des régions d’Aquitaine. Une partie d’entre eux périt : environ 115 de ces pirates furent tués sur le rivage. Leur venue, inconnue du peuple chrétien aux temps anciens, est un châtiment important du fait que les serviteurs de Dieu n’observent plus les vœux qu’ils ont l’habitude de faire ». Si aucune île n’est clairement nommée, il s'agit très probablement de l’île de Noirmoutier chez nos voisins vendéens. Mais rien ne permet d’exclure que les îles d’Aix, d’Oléron ou encore Ré aient dû affronter les premiers raids vikings sur les plages aquitaines. Bien que ces premières apparitions aient laissé des traces tant sur le paysage que dans les esprits, aucun autre raid n’est signalé dans les chroniques ou les annales des règnes de Charlemagne ou de son fils Louis Ier. Tout commence réellement dans l’ancienne Aquitaine dans les années 840. En 843, remontant la Loire c’est Nantes qui est saccagé, puis passant par la Garonne c’est au tour de Pau, Dax ou Tarbes d’être pillées et incendiées entre 844 et 845. Vient alors le tour de la Charente en cet automne 845. La première ville à subir les assauts normands est l’antique cité de Saintes, qui comme le rapportent les annales d’Angoulême, est ravagée. C’est non loin de là qu’ils vont trouver l’endroit idéal pour poser leurs bagages. Plusieurs éléments laissent à croire aux historiens qu’ils ont choisi Taillebourg comme camp de base. Outre la tentation de trouver dans le nom de Taillebourg un toponyme d’origine norroise, la topographie des lieux était tout à fait propice à l’installation d’une base : d’un côté la Charente y était, à l’époque, sur la rive gauche assez basse et sablonneuse permettant ainsi d’accoster plus facilement tandis que sur sa rive droite une falaise haute d’une trentaine de mètres assurait une meilleure défense du camp. Il ne faut pas oublier aussi qu’en l’absence des infrastructures que nous connaissons aujourd’hui les marées pouvaient avoir un effet sur le niveau de la Charente assez loin dans les terres. Autre avantage que présente Taillebourg, c’est son emplacement géographique. Nous nous représentons toujours les Vikings sur leurs grands navires (les knerrir ou les longskip, mais absolument pas les drakkars), ces guerriers scandinaves utilisaient également les routes pour faire leurs razzias le plus loin possible dans les terres. Or, en amont comme en aval, d’anciennes voies romaines reliaient Poitiers, Limoges ou encore Périgueux. De Taillebourg, ils avaient donc un accès à l’ensemble de l’Aquitaine. En 848, la ville de Melle, sur la route de Poitiers, où se trouvaient des ateliers monétaires, fut pillée. Vient ensuite le tour de Luçon en 853, Poitiers en 857 qui après avoir payé pour ne pas être mis à sac a vu ses faubourgs incendiés. La ville de Périgueux par deux fois, en 849 et 863 fut attaquée et complètement dévastée. Toujours dans le Périgord, le monastère de Paunat fut incendié. Angoulême aussi subit les attaques des Vikings, en 863 la ville est détruite et alors que le comte angoumoisin Turpion tente de les stopper, ce dernier est tué. Tout cela commence à faire trop pour les aquitains qui en plus d’être poussés à la rébellion par le roi de la Francia Occidentalis, Charles le chauve et aidé par son fils, le futur Louis II qui pris en charge de réorganiser les zones défensives d’Aquitaine, décident de se soulever contre cet impitoyable envahisseur. Face à cette révolte, le nouveau chef des Vikings en Charente, Siegfridus, réduit considérablement les actions dans la région. Du moins, aucune chronique de l’époque ne fait mention d’attaque. Pourtant, ils sont encore là, continuant leurs exactions jusqu’au Xe siècle. Un évènement légendaire vient alors marquer la fin de la puissance des Scandinaves dans la région. Mais avant d’évoquer ce combat qui libérera le pays charentais, revenons aux origines de cette histoire. Il faut remonter au jour de la nomination par Charles le Chauve en 866 d’un nouveau comte d’Angoulême et de Périgord, Vulgrin Ier. Il reçoit pour mission d’obvier aux difficultés rencontrées en Aquitaine contre les Vikings. Après avoir reconstruit les remparts d’Angoulême, Vulgrin fait sortir de terre les châteaux de Marcillac et de Matha afin de bloquer la route aux Normands. À sa mort en 886 ses deux fils se partagent la protection de l’Aquitaine, Audoin devenu comte d’Angoulême prend le commandement de l’angoumois et du saintongeais. Il passa sa vie entière à accomplir cette tâche. Puis vient le tour du petit-fils de Vulgrin, Guillaume d’Angoulême. Trop jeune pour succéder à son père Audoin en 916, ce n’est que 10 ans plus tard, à la mort de son tuteur qu’il prend les rênes de son comté. Tout comme ses aïeux, il se retrouve à devoir combattre les Vikings. Un jour, selon les chroniques d'Adémar de Chabanne, à la suite d’une bataille qui se termina sans véritable vainqueur, il fut décidé de s’en remettre à un combat singulier entre Guillaume d’Angoulême et Storin, le chef viking. Le lendemain de la bataille, grâce à son épée Cortrain que le forgeron Wieland lui avait forgée, Guillaume d’un seul coup tua Storin, le découpant littéralement en deux ainsi que sa cuirasse. De ce duel légendaire, il libéra les charentais et reçut le nom de Taillefer. Bien évidemment, l’histoire des Vikings en Charente ne peut se résumer à ces quelques lignes. C’est pourquoi je vous conseille deux magnifiques ouvrages du spécialiste français des Vikings, l’historien originaire de l’Île de Ré, Jean Renaud. Avec le premier ouvrage, aux Éditions Ouest-France, Les Vikings en France, ces derniers n’auront plus aucun secret pour vous et pour approfondir leur histoire dans notre belle région, un second ouvrage édité aux éditions des régionalismes, Les Vikings de la Charente à l’assaut de l’Aquitaine. Si vous souhaitez vous procurer ces deux livres durant cette période de confinement, je vous invite vivement à commander en click & collect auprès de votre librairie de quartier. Si cela n’est pas possible, sachez qu’il existe un très bel alternatif à Amazon : www.librairiesindependantes.com Ainsi se termina cette invasion qui augmenta la puissance des seigneurs, mais jeta le peuple dans la misère et détruisit les monuments que la civilisation romaine avait édifiés. Des forteresses construites à cette époque, il ne reste que des ruines de vieilles tours à créneaux et à meurtrières et l'emplacement des fossés et des grosses murailles, gardées par des tourelles élevées de loin en loin. En Angoumois, l'époque féodale primitive est représentée par les forteresses de Chaumont près Lavalette, Marcillac, Jarnac, Loubert (motte féodale), Ambournet, Les Manteresses près Montbron, Coyron près Bardenac, Guignebourg, Fontenille (château Renaud), entre Montjean et Londigny, Métrie près Chasseneuil, Rochecoradl, enfin celui de Rançon qui servit de refuge aux troupes du fameux Normand Hastings vaincu à Brissarthe (886).

L'église monolithe d'Aubeterre-sur-Dronne

©Charente Périgord mettre la musique en écoute pour suivre l'article Nous voici donc vers un des plus beau monument de la Charente : L'église monolithe d'Aubeterre-sur-Dronne. Nous sommes à la frontière imminente de la Dordogne-Périgord et nous pourrions presque parler d'une Charente-Périgord (n'oublions pas que toute cette partie de la Charente était autrefois dans le Périgord, et se retrouvait dans la zone de l'Évêché de Périgueux pour l'élection de Périgord). Avis aux chauvins, il faut bien reconnaître l'histoire. carte du Diocèse de Périgueux Comme en atteste les écrits de "Bulletin SHAP, tome XLIX (1924)" sur LA COMMANDERIE GÉNÉRALE D'AUBETERREDE L'ORDRE DE SAINT-ANTOINE EN PÉRIGORD (1100-1838) : "Parmi les ruines du passé, en Périgord, il en est une dont on retrouve à peine quelques vestiges, mais dont l'histoire peu connue n'est cependant pas sans intérêt, un de ces nombreux hôpitaux fondés au moyen-âge pour l’accomplissement de toutes les œuvres de miséricorde : la Maison de l'Aumône, ou la Commanderie générale d'Aubeterre, de l'ordre hospitalier de Saint-Antoine, située dans l'ancienne paroisse de Mirand, du diocèse de Périgueux et de l'archiprêtré de Pillac. En la faisant revivre, je n'ai point eu la prétention de donner une histoire générale de l'ordre de Saint-Antoine ; quelques aperçus toutefois m'ont paru indispensables au cours du récit pour faire connaître les liens qui rattachaient cette maison au chef d'ordre, son origine et les phases diverses qui ont marqué son existence. Et d'abord je dois un respectueux hommage de reconnaissance au savant religieux dom Germain Maillet-Guy, l'éminent historien du chef d'ordre, dont l'inépuisable obligeance m'a fourni d'utiles renseignements, et, en rectifiant certains points historiques, m'a évité la répétition d'erreurs communément admises jusqu'à ce jour." Blason de l'Ordre hospitalier de Saint-Antoine Aubeterre-sur-Dronne est un site remarquable souvent repris par les sites de tourisme en Dordogne. Mais oui, nous sommes bien en Charente, et plus précisément en Sud-Charente, un territoire riche en histoire et sites étonnants et prestigieux à découvrir. Anciennement une grotte préhistorique, datant du protohistorique, qui abritera bien plus tard un sanctuaire, appelé nemeton, où étaient célébrés des cultes païens celtiques. L'église d'Aubeterre sera creusée dans la roche, du haut vers le bas, pour y édifier un lieu sacré inspiré de la Capadocce en Turquie. Oui, les cultes celtes n'étaient que l'évolution des croyances datant de la préhistoire. C'est pour cela que les celtes reprirent les sites et monuments préhistoriques pour les intégrer à leurs cultes : grottes, dolmens, menhirs, etc... l'entrée de l'ancienne grotte aurait pu ressembler à ça Le christianisme, ensuite, tentera systématiquement de récupérer les lieux sacrés celtes basés sur des lieux d'énergie provenant de notre mère "la Terre". Certains retracent l'église primitive jusqu'aux premiers siècles de notre ère où les premiers chrétiens persécutés se réfugièrent dans les ravins des rochers et dans les grottes pour pratiquer leur nouvelle religion. Nous pouvons néanmoins envisager qu'il y ait des variations dans la qualité et dans l'intensité des énergies dégagées en différents endroits de la surface du globe terrestre. Certains points semblent se comporter comme des foyers de fortes énergies, points qui souvent sont reconnus depuis des milliers d'années comme lieux d'une puissance spirituelle. Nous pouvons les scinder en deux catégories : les Sites Sacrés et les Lieux énergétiques. Ils se trouvent souvent reliés entre eux par des lignes d'énergie ou de puissance subtile. Cette église est donc postérieure et remonte aux XIe et XIIe siècles et a été creusée dans la roche en même temps que la construction du château féodal. Nous sommes en 1097 et le vicomte d'Aubeterre, Pierre de Castillon dit aussi Pierre I, le même qui fit creuser l'église monolithe de Saint-Emilion, part en compagnie de Godfrey de Bouillon pour la première croisade, suite à l’appel du pape Urbain II, ce qui le mènera via des incursions militaires à Marash, à Antioche et à Tripoli. À Jérusalem, il défendit le Saint-Sépulcre et découvrit, en Terre Sainte, les églises creusées dans la roche. Et ainsi lorsque Pierre de Castillon revient de la croisade avec tout un tas de reliques chrétiennes, il a naturellement eu l'idée d'agrandir l'église primitive, de creuser la colline sous le château en construction, pour en faire une cathédrale, un lieu saint qui abritera ses précieuses reliques. Tous ces travaux pharaoniques sont confiés à des moines bénédictins qui se sont mis à sculpter la colline à la main, du haut vers le bas. Et ces moines sont motivés parce qu'ils travaillent pour leur Dieu et on dit que parmi les reliques extraordinaires rapportées par Pierre de Castillon de Jérusalem, il y aurait aussi la croix sur laquelle Jésus a été crucifié. L'œuvre aurait été achevé en une dizaine d'années à peine. ici, c'est nous, à Aubeterre-sur-Dronne ©Charente Périgord Elle est là, grandiose, dans son écrin de calcaire crayeux, datant du Campanien (Crétacé supérieur). ©Charente Périgord Sa façade attire l'œil, déforme notre réalité du géant et nous oblige à revoir notre position sur notre vision de l'église. Sa majesté nous ouvre ses vastes portes pour ainsi dévoiler ses entrailles de pierres, un véritable vaisseau de roc. Le premier regard se pose sur autre chose que le monument : la grandeur de ce monstre solitaire, dévoilant les spectres d'un passé historique et imposant. L'église troglodyte nous racontait son histoire au travers de sa falaise creusée, de ses colonnes octogonales de titans taillés dans le rocher puis ornées d'un essai de chapiteau et de ses vestiges souverains. Lorsque vous entrez dans ce sanctuaire, presque surnaturel, similaire à une énorme grotte sculptée, il faut imaginer un véritable lieu de paix avec des vitraux au-dessus de l'entrée inondant et baignant de lumière divine les murs ornés, les tapisseries, les armoiries, des seigneurs enterrés dans la nécropole, qui pouvaient resplendir au-dessus de leurs tombes. Vous devez imaginer l'étonnement des pèlerins de Compostelle qui se sont retrouvés devant le Saint-Sépulcre. ©Charente Périgord L'espace démesuré et intimidant nous oblige à la réflexion, à l'invocation de nos sens qui s'éveillent pour ainsi nous avertir qu'ici, nous sommes tous petits. Nous dirions même plus que cette cathédrale minérale nous invite à la prière spirituelle, sans rapport avec la religion, mais bien pour réfléchir sur l'exploration qui s'offre à nous. Un monument sacré du repos éternel élevé dans le but de nous montrer son âme antique. ©Charente Périgord Nous sommes subjugués par l'œuvre, par la possibilité humaine fabuleuse d'un ancien temps, l'architecture prestigieuse et théâtrale du désir noble d'un homme, Pierre de Castillon, vicomte d'Aubeterre, voulant y déposer les Saintes Reliques dans cette étui sanctifié. L'ingéniosité était là, face à nous et nous ne pouvions que contempler ce trésor inestimable qui se dressait devant nos yeux tel un titan pélagique, semblant flotter en parfaite harmonie dans sa falaise où autrefois l'océan était maître des lieux. ©Charente Périgord ©Charente Périgord A l'entrée, se trouve une crypte passant pour avoir été un ancien lieu de culte mithraïque, découverte par hasard en 1961 à la suite d'un effondrement causé par un camion qui a fait une erreur en se garant devant l'église. À l'époque des premiers chrétiens, la religion était à la mode dans notre région. Peut-être dans cette cavité souterraine se pratiquait le baptême romain de Mithra et qu'au lieu d'être baptisé d'eau, les habitants d'Aubeterre recevaient une gerbe de sang de taureau juste abattu. L'hypothèse aventureuse que l'église primitive a été construite sur un temple mithraïque est d'autant plus séduisante que la crypte ressemble à l'autel du mithraeum trouvé à Rome sous la basilique de San Clemente al Laterano. Cependant, selon les archéologues, il s'agit simplement d'un autel chrétien. ©Charente Périgord Devant nous, se plonge, dans le sol, une fosse baptismale paléochrétienne, où est creusée une croix grecque, qui aurait eu en son sein un morceau de la croix du Christ. ©Charente Périgord ©Charente Périgord Sur notre gauche, une pièce cachée s'enfonce dans ce temple : une nécropole de 170 tombes ayant accueilli autrefois les défunts voulant rester proche du lieu sacré. Une autre, derrière nous, se trouvera une chapelle primitive creusée au VIIème siècle et renfermant 80 sarcophages médiévaux : c'était un privilège très recherché que d'être enterré à l'intérieur de l'église, au plus proche des Saintes Reliques. Sur le mur à notre droite est sculptée en bas-relief dans la roche, la croix du Golgotha, celle de la crucifixion du Christ. ©Charente Périgord Derrière nous se trouve le joyaux : le Saint-Sépulcre, ou la représentation et inspiré du tombeau du Christ décrit par les croisés, ce qui renforce l'hypothèse d'une église construite pour accueillir les reliques de la Sainte Croix. C'est un imposant reliquaire haut de 6 mètres, comportant deux niveaux et qui est orné de colonnettes et d’arcades décorées. Que contenait ce reliquaire ? Certainement quelque chose qui avait un lien avec le Christ, même si le souvenir de ces reliques n'a pas été préservé. Il a cependant, à une époque, accueilli des dépouilles. Au XIXe siècle, on a découvert dans la partie basse plusieurs châsses contenant des ossements. Quoi qu'il en soit, les projecteurs mettent divinement bien en valeur cette œuvre d'une beauté inédite en Europe, permettant au visiteur d'imaginer toute la symbolique qui illustre cette reconstitution du tombeau saint. ©Charente Périgord Il faut monter dans le déambulatoire, perché sous le berceau des voûtes par un escalier amorcé dans un mur et creusé dans la masse menant vers les galeries aux étages. Un ensemble de couloirs et d'escaliers s'ouvre à vous afin d'admirer de plus haut l'élégance et la beauté de cet édifice souterrain qu'est l'église Saint-Jean D'Aubeterre. De la galerie, on domine l'ouvrage et on prend enfin conscience de la prouesse architecturale réalisée ici. Une issue, aujourd’hui murée, donnait sur la falaise et un souterrain avec des marches reliait l’église au château. ©Charente Périgord

Le coup de Jarnac

Notre belle langue française contient de nombreuses citations et expressions comprenant des noms de ville. En France, tous les chemins mènent à Rome, qui d’ailleurs ne s’est pas faite en un jour, avec des si nous mettons Paris, qui vaut bien une messe, en bouteille. Il n’y a pas besoin d’aller à Tataouine pour trouver des expressions, ici c’est Byzance. Toutes, prennent leur source dans l’histoire de notre beau pays et celle du monde. Et au milieu de Paris, Rome, Byzance, une petite ville charentaise a fait un joli coup en se glissant au milieu de ces grands noms : Jarnac Ville de Jarnac en Charente (16) et le fleuve Charente I – Une histoire de maîtresse et de jalousie. Remontons le fil du temps et arrêtons-nous au XVIe siècle. La maison des Valois règne sur la France, il s’agit plus précisément de la branche des Valois-Angoulême car depuis la mort sans héritier de Louis XII, c’est son cousin et gendre, François d’Angoulême qui est sur le trône de France. Les dynasties se suivent, mais les mœurs de la cour elles ne changent pas. François Ier multiplie les conquêtes amoureuses et bien évidemment les maîtresses et les favorites. Pour notre roi charentais, il n’y aura pas, mais favorite qui le restera jusqu’à la mort du monarque, la duchesse d’Etampes, Anne de Pisseleu. Cette position attise la jalousie de certaines ambitieuses, parmi lesquelles se trouve la célèbre Diane de Poitiers, favorite du dauphin Henri, futur Henri II. Attention spoiler : ces deux femmes se détestent. Alors quand à la cour de France se répand la rumeur, sûrement lancée par Diane de Poitiers, qu’Anne de Pisseleu s’est entichée de Guy Ier Chabot, le grand ami du roi, la guerre des Dames est déclarée. Guy Ier Chabot et Anne de Pisseleu II – Guy Chabot Mais arrêtons-nous un instant sur Guy Chabot. Second fils du Charles Chabot, maire perpétuel de Bordeaux nommé par François Ier et de Jeanne de Saint-Gelais, Guy voit le jour en 1508 (ou 1514 selon les sources) dans les Deux-Sèvres. Il sera comme son père et son arrière-grand-père, nommé maire perpétuel de Bordeaux par François Ier, il cumulera les titres de sénéchal du Périgord, de Gouverneur et Lieutenant-Général de La Rochelle et de l’Aunis, mais surtout, il est le Baron de Jarnac. Afin de faire taire au plus vite les ragots, Anne de Pisseleu s’arrange pour marier Guy Chabot à sa sœur Louise. C’est chose faite le 28 février 1540. Bien implanté dans la cour du royaume de France grâce à son habileté à se servir de ses relations, Guy Chabot vit largement au-dessus de ses moyens, peu fortuné il mène pourtant la grande vie. Ce personnage exaspère au plus haut point le dauphin qui manigance contre lui avec sa favorite qui elle cherche comme toujours à atteindre Anne de Pisseleu. III – L’affront de trop Un beau jour, non sans arrière-pensée, Henri demanda à Chabot d’où il puisait toutes ces ressources qui lui permettaient d’assurer son train de vie. Un peu naïvement, celui-ci répondit honnêtement qu’il était fort bien entretenu par la seconde épouse de son père, Madeleine de Puiguyon. Quelle aubaine pour les deux intrigants qui profitent de cette déclaration pour faire naître de nouvelles calomnies à l’encontre de Guy Chabot. Après le bruit d’une relation entre lui et Anne de Pisseleu, voilà que l’on fait courir le bruit que si sa belle-mère l’entretien aussi bien c’est parce que cela cache des faveurs bien particulières. Cette fois, s’en est trop et voilà que Chabot s’en va quérir auprès de son roi en guise de réparation l’autorisation de laver son honneur lors d’un duel. Celui qu’il souhaite provoquer en duel n’est bien évidemment pas le dauphin lui-même, mais à un fidèle ami d’Henri qui prend sur lui la responsabilité de l’horrible rumeur, François de Vivonne, seigneur de Châtaigneraie. Mais le monarque ne donna pas son autorisation, car cela n’était pour lui que « querelles de femmes ». IV – Le duel Le 31 mars 1547, François Ier « rendit l’esprit à Dieu entre une et deux heures après midy » (récit de de Pierre du Chastel, évêque de Mâcon et lecteur ordinaire du roi), au château de Rambouillet. « Le roi est mort, vive le roi »…vive le roi Henri II qui dès qu’il succède à son père entreprend de se séparer de l’ancienne cours qui gravitait autour du roi. C’est ainsi qu’Anne de Pisseleu perd la partie et tandis que Diane de Poitiers devient la favorite du roi, tombe dans la disgrâce. Pire encore, offense suprême, elle est accusée d’avoir trahi la France en ayant eu des relations ambigües avec Charles Quint, le grand ennemi du roi défunt. Nous pourrions en rester là, mais ce serait sans compter sur Diane qui souhaite après avoir eu la peau de son ancienne ennemie, avoir celles de son entourage. Ayant un accès privilégié à l’oreille du roi, elle va le pousser à autoriser le duel qu’avait demandé Guy Chabot et dont il vient de réitérer la demande. C’est pour elle l’occasion rêvée de se venger du baron de Jarnac, qui face au fin escrimeur qu’est François de Vivonne ne devrait pas faire long feu. La réputation de brillant escrimeur du seigneur de la Châtaigneraie n’est un secret pour personne. C’est pourquoi, de son côté, notre Guy Chabot s’est entraîné auprès d’un italien, le capitaine Caize. Là, il apprend un coup très innovateur, un coup de revers. Château de Saint-Germain-en-Laye Notre histoire touche à sa fin. Nous sommes le 10 juillet 1547, bien loin de la Charente, au pied du château de Saint-Germain-en-Laye. Deux loges sont construites pour accueillir les duellistes qui s’y préparent. La nouvelle cour d’Henri II, elle, prend part dans un amphithéâtre. Diane de Poitiers est elle aussi présente, bien décidée à goûter par le fleuret de Vivonne sa victoire. Le premier à sortir de sa loge est François de Vivonne, vient ensuite Guy Chabot. D’un pas solennel, tous deux s’avance, ne montrant ni l’un ni l’autre le moindre doute, la moindre peur, seul un sentiment de détermination est perceptible depuis les tribunes où le spectacle se fait attendre. De suite, de Vivonne se montre très agressif et attaque sans relâche Chabot qui se défend à merveille sous les encouragements et les conseils du capitaine Caize qui tel un coach s’époumone sur le bord du terrain. Une petite pause est offerte aux deux duellistes pour reprendre des forces et c’est à la reprise que Jarnac entre dans l’histoire. Le baron feint d’attaquer le seigneur de la Châtaigneraie à la tête, celui place alors les mains au-dessus pour se protéger le visage. Mais d’un geste magnifique, jouant avec son épée il porte finalement son coup à la cuisse de Vivonne qui s’effondre immédiatement. Son honneur lavé, le baron de Jarnac se tourne vers le roi qui met fin au combat devant une assistance médusée par le coup innovateur de Jarnac. Le petit + recette insolite

La gelée de pineau des Charentes

Photos : © Charente Périgord Bonjour tout le monde. Nous voici donc pour une nouvelle recette de gelées. cette fois, nous nous lançons dans la gelée de pineau des Charentes. Oui oui, vous avez bien lu, ça se fait et c'est un délice, surtout si on aime l'alcool et encore plus le pineau. Une gelée de pineau sur une tranche de pain aux céréales, c'est juste une tuerie. Mais vous pourrez aussi la manger avec du fois gras (juste sublime) ! A vos spatules, nous vous expliquons notre recettes. attention, les photos sont de nous. Merci de ne pas les utiliser. Sur la première photo juste au-dessus, vous nous excuserez de n'y voir que 2 pots et demi, car nous avons déjà mangé tout le reste ou offert à des amis qui en redemandent ! 2 bouteilles de 75cl blanc (Itinéraire des saveurs) environ 1kg80 de sucre 7 sachets de pectine 1) verser vos bouteilles dans votre marmite. 2) Faites bouillir le pineau à feu fort jusqu'à ébullition. Patienter 5 min très grand max. Le but est de conserver le goût de l'alcool, même après gélification. 3) Rajouter, pendant l'ébullition, le sucre louche par louche. 4) Une fois le sucre bien dissout, rajouter les uns après les autres vos sachets de pectine tout en remuant et fouettant sans arrêt pour éviter les grumeaux et permettre à la pectine de cuire. 5) laisser bouillir 3 min et éteindre le feu. Laisser poser 1min. 6) mettre en pot, les fermer tout de suite avec le couvercle et le retourner aussitôt pour la stérilisation.

Les Templiers en Charente

Sur les pas des templiers dans les Charentes Ils fascinent depuis des siècles. Ils inspirent des légendes et des histoires de trésors cachés. Ils sont également à l'origine d'un des plus grand chefs-d’œuvre de la littérature française, où sous la plume de Maurice Druon le Grand-Maître Jacques de Molay prit dans les flammes du bûcher criait à destination du roi Philippe le Bel et de son conseiller Philippe de Nogaret ainsi que du pape Clément cette phrase devenue légendaire : "Pape Clément ! Chevalier Guillaume ! Roi Philippe ! Avant un an, je vous cite à paraître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment ! Maudits ! Maudits ! Maudits ! tous maudits jusqu'à la treizième générations de vos races !". Ce sont les Templiers, dont nous allons suivre les pas dans les Charentes. Qu'est-ce que l'ordre des templiers : Avant d'entrée dans le vif du sujet, un petit rappel historique peut s'avérer nécessaire. L'origine des Templiers nous emmène en Champagne, au nord-ouest de Troyes où vivait Hugues de Payns (1070-1136), un petit noble qui s'engagea auprès du Comte Hugues Ier de Champagne (1074-1126) lors de deuxième croisade en 1104. C'est au cours de cette croisade, encouragé par le roi de Jérusalem Boudouin II (?-1131) qu'Hugues va créer une milice alors chargée de la protection du Saint-Sépulcre. Rentré en France en 1127 il va parcourir la France et même l'Angleterre afin de trouver des sources de financement pour ces religieux soldats, l'Ordre des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon est officiellement approuvé lors du Concile de Troyes, le 13 janvier 1129 par le Pape Honorius II (?-1130).Et c'est tout naturellement en Champagne que cet ordre naissant va susciter le plus d'enthousiasme et vont recevoir de la part de petits nobles de nombreux dons. Le premier, fut celui Payens de Bure (aujourd'hui Bure-les-Templiers) qui fit don de tout ses biens, dont ses biens mobilier et don de sa personne en s'engageant. En près de 150 ans d'existence pas moins d'une quarantaine de dons sera fait, sans compter les dons financiers qui ne cesseront pas d'accroître la richesse de l'ordre. Premières traces des templiers en Pays d'Aunis et en Saintonge La plus ancienne Maison du Temple se situe en Aunis et plus exactement à La Rochelle. Nous sommes en 1139 lorsque Gangan de Tonnay fait à son tour don d'un Moulin à l'Ordre du Temple. Les dons devant être validés par les seigneurs, qui doivent eux-mêmes en rendre compte à leur suzerain, c'est Aliénor d'Aquitaine qui validera ce don. Cette maison deviendra au fil du temps l'une des plus importantes d'Aquitaine. C'est par la suite tout un quartier de La Rochelle qui va appartenir aux Frères du Temple. Il n'en reste aujourd'hui que peu de traces, quelques fragments de tombes et un arc orné, aujourd'hui visible au Musée d'Orbigny-Bernon. En 1150, le Sénéchal de Beauvais-sur-Matha en Saintonge fait à son tour don de ton son territoire au Temple. Ils y créèrent une maison et une chapelle dont il subsiste encore la façade et une partie du mur sud. Il reste malheureusement peu de vestige en Aunis ou en Saintonge, il est à noté cependant près de Le Mung, une croix de pèlerinage indiquant le chemin qu'empruntèrent les Templiers pour faire traverser la Charente aux pèlerins est toujours visible. Les Templiers en Angoumois Dans la seconde partie du XIIe siècle, afin de protéger le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle mais également pour faciliter le passage des nombreuses rivières angoumoisines, l'Ordre multiplie sa présence dans l'actuelle Charente. Toujours dans le but de protéger les pèlerins, ils construisent un nombre impressionnant de chapelles entre 1140 et 1200.La présence des templiers est datée de 1171 dans les archives du Fouilloux et de 1207 dans la cité d’Angoulême. Mais, au Fouilloux si quelques traces sont visibles notamment le cellier et une partie de la chapelle, la maison du Temple d'Angoulême a quant à elle laissé la place aux murailles de la ville construite en 1588. Le site le plus fabuleux pour se plonger au cœur de l'épopée des Templiers en Charente est la chapelle de Cressac. Perdue au milieu des champs, au cœur de la vallée du Né, s'élève l'ancien temple du Dognon (la commanderie de Cressac aurait été évoqué selon l'historiographie locale comme celle de Dognon). Austère comme toutes les chapelles de l'Ordre du Temple, elle ne possède ni clocher, ni chevet en cul-de-four. Toute la beauté de ce site se trouve à l'intérieur où subsiste des fresques du XIIe siècle. La première représenterait le roi de France, Philippe Auguste partant en croisade en Terre Sainte. Quant aux autres elles font référence à la vie quotidienne des croisés et des Templiers, les montrant sortant d'une ville fortifiée et combattant contre les sarrasins. Les détails de cette fresque laissent à penser qu'il s'agit de la bataille lors de laquelle Nour ed-Din, atabek d'Alep fut vaincus à la Bocqué après avoir attaqué le krak des Chevaliers. Une chute vertigineuse Cette ordre puissant va connaître une chute aussi brutale que son ascension fut fulgurante. Sa puissance suscitait des jalousies au plus haut niveau de l’État, jusqu'au roi, Philippe IV le Bel qui voulait détruire l'ordre. Un ancien templier, Esquieu de Floryan, aidé et financé par le garde des Sceaux du roi, Guillaume de Nogaret lança et diffusa les rumeurs selon lesquels les templiers devaient renier le Christ, pratiquaient la sodomie et autres rites obscènes afin d'intégrer l'ordre. Philippe IV avait alors de quoi faire tomber les templiers, non sans mal car ils furent malgré-tout protégé par le pape Clément V avant d'être envoyé au bûcher le 12 mai 1310. Le coup de grâce fut donné lors du concile de Vienne en octobre 1311 où le sort de l'ordre est à l'ordre du jour. Sous la pression du roi de France, venu avec des hommes armés, le Pape Clément V ordonna la dissolution de l'ordre le 22 mars 1312. L'ordre était également devenu inutile avec la perte de la Terre Saint cette même année. A la suite des arrestations, les biens de l'Ordre du Temple furent confisqués et si quelques biens sont donnés aux Seigneurs et d'autres sont revendiqués par l’Église, la grande majorité reste dans les mains du pouvoir royal.

De Tounens : un périgourdin devenu roi d'Araucanie

À l’autre bout du monde, se trouve une terre enchanteresse. Ses grands espaces tantôt désertiques arides, tantôt couverts d’une végétation luxuriante, elle fascine et fait rêver les hommes en quête d’évasion et d’aventure : la Patagonie. Aux confins de cette région se trouve un ancien royaume, l’Araucanie, méconnu et pour cause. Fondé le 17 novembre 1860, celui-ci n’aura vécu que deux petites années avec à sa tête un roi surprenant. Antoine de Tounens, un brillant périgourdin Beaucoup plus proche de nous géographiquement, dans le petit hameau de La chèze, attaché à la commune de Chourgnac en Dordogne, le 12 mai 1825, la famille de Tounens s’agrandi. Jean de Tounens, cultivateur et Catherine Jardon, son épouse, donne naissance à leur huitième enfant, Antoine. Bien que cultivateur dans ce petit coin du Périgord, la famille n’est pas sans le sou et offre au petit Antoine, élève brillant qui obtient son baccalauréat, des études puis la possibilité d’acheter une charge d’avoué auprès du tribunal de Périgueux en 1851. De son cabinet d’avoué, Antoine de Tounens s’évade avec des lectures sur ces grands espaces outre atlantique, mais aussi avec des articles sur une tribu en prise avec le nouvel état chilien. Deux rêves lui viennent alors : rendre à la France sa grandeur passée en lui offrant de nouvelles terres, compensant les pertes un siècle plus tôt de la Louisiane et du Canada devenus anglais depuis le traité de Paris de 1763 et surtout rencontrer ce peuple extraordinaire, les mapuches. La situation en Araucanie et en Patagonie Tout au sud du continent américain, vivent les mapuches qui en mapudungun (la langue des mapuches), signifie « le peuple de la terre ». Ce peuple ancestral est un peu les irréductibles gaulois sud-américains résistant encore et toujours à l’envahisseur…mais sans potion magique. Les tribus mapuches peuvent en effet se targuer de deux exploits : avoir stoppé tout d’abord l’expansion de l’Empire Inca et être les seuls fait reculer les conquistadors. Mieux encore, les valeureux guerriers mapuches obligèrent les espagnols à conclure un traité de paix à la suite de la bataille de Curalaba, le 24 décembre 1598. Par la suite, les rois espagnols reconnaîtront de 1641 jusqu’au début du XIX siècle, l’indépendance de l’Araucanie. Le XIXe siècle est marqué par le soulèvement du peuple chilien contre les colons espagnols. Dans ce conflit, les mapuches prennent la défense du royaume espagnol avec qui ils vivent en paix depuis maintenant près de 200 ans. Lorsque la guerre d’indépendance chilienne s’achève en 1826, la nouvelle République chilienne trouve un accord avec les mapuches pour leur laisser leur terre avant de lorgner dessus et entreprendre de mettre la main dessus quelques décennies plus tard. Cette fois, ils sont en difficulté et la perte de leur territoire est proche...mais quand tout va mal, l’espoir vient parfois des légendes et une légende ancienne est contée dans tous les villages mapuches, celle d’un sauveur blanc qui viendrait un jour les secourir. Un western périgourdin De son côté, Antoine Tounens, la nouvelle Jeanne d’Arc des mapuches, est bien décidé de se lancer dans cette aventure qui le hante et qu’il projette de faire depuis quelques temps. Afin de financer son périple, il n’hésite pas à vendre sa charge d’avoué et sa famille fait un emprunt de 25 000 francs pour l’aider dans son projet fou. Celui-ci prend enfin forme en juin 1858 lorsqu’il embarque pour l’Angleterre où un bateau s’apprête à partir pour le Chili. Enfin arrivé au Chili, le 22 août 1858, après de longues semaines de traversée, il s’attarde quelques temps dans les grandes villes chiliennes, comme Santiago, la capitale. Mais ce n’est pas les grandes métropoles qui l’attirent, il s’en va alors braver cette nature peu hospitalière du sud avec pour seul objectif rencontrer le peuple mapuche. Mais ce n’est pas sans danger, d’autant que la terre des mapuches est une terre interdite où les hommes n’ont pas le droit de s’aventurer. Il faut s’imaginer son extraordinaire voyage ressemblant à ce que l’on voit dans les westerns ou lorsque Indiana Jones se retrouve au milieu de la jungle. Après de longues journées, se dresse face à lui le fleuve Bio-bio, la frontière du territoire des Mapuches, le début des terres interdites. C’est là qu’il fait pour la première fois la rencontre d’un membre de ces tribus qui l’attirent tant et pas n’importe lequel, Quilapan, leur chef militaire. Alors que tout pourrait opposer les deux, du mode de vie jusqu’à la langue, l’amour de la terre va rapprocher les deux hommes. L’enfance paysanne du périgourdin permet très vite de briser les frontières linguistiques et de comprendre l’amérindien, qu’il va jusqu’à aider pour soigner les animaux et faire face aux difficultés que peuvent rencontrer tous les cultivateurs à travers le monde. Cette amitié et le respect qui va naître entre les deux hommes va permettre non seulement à Antoine de Tounens de franchir la frontière, mais surtout de vivre au milieu des mapuches. Si le premier arrive alors à son but, les seconds lui ouvrent la porte non sans intérêt car l’homme blanc venu par-delà les mers présentent bien des avantages pour eux face au nouveau gouvernement chilien. Très vite, il va mettre son intelligence, ses connaissances du monde politique et du monde diplomatique. Sa première mesure fut de doter les mapuches d’une constitution, obligeant alors aux chilien et au reste du monde la reconnaissance des tribus comme étant autre chose qu’une simple horde de sauvage. Très reconnaissant des rois espagnols qui respectèrent leur indépendance pendant près de 200 ans, c’est tout naturellement que les mapuches se tournent vers le régime monarchique. Le 17 novembre 1860, voit donc la naissance du Royaume d’Araucanie et de Patagonie dont Antoine de Tounens est élu par le peuple mapuche roi et prend le nom d’Orélie-Antoine Ier, roi d'Araucanie et de Patagonie. La chute d’Antoine de Tounens Le nouveau monarque tente de protéger son royaume, mais surtout cette terre et ce peuple, en demandant le soutien de la France et de l’Empereur Napoléon III qu’il sollicite à multiple reprise par courrier. Malheureusement, elles restent lettres mortes. Badinguet ayant d’autres chats à fouetter au Mexique et en sein même de l’empire où les menaces de la Prusse sont de plus en plus prisent au sérieux. Sa tête mise à prix et bien seul face aux chiliens c’est une trahison qui précipita la chute du roi d’Araucanie qui est arrêté par les autorités chiliennes le 5 janvier 1862. Les chefs d’accusations sont graves : il est qualifié d’agitateur et de troubler l’ordre public, encourant au minimum 10 ans de prison si ce n’est pire. Le pire arriva le 19 juillet 1862 lorsque le juge rendit son verdict, considèrant Antoine de Tounens comme fou il est interné dans un asile de Santigo où il sera retiré par sa famille pour le rapatrier en France. Après quelques tentatives avortées pour récupérer son trône, Antoine de Tounens fini sa vie en France où le verdict de 1862 le suit malheureusement. Il restera aux yeux du monde un fou pour les uns et un mythomane pour les autres. S’il fut fou, ce ne fut de croire qu’en l’égalité des peuples, en leurs libertés et aux droits à leurs autodéterminations. Le 17 septembre 1878, il rend son dernier soupire dans son petit village périgourdin de Tourtoirac où une pancarte, pouvant paraître loufoque lorsque l’on ne connaît pas son histoire, indique encore aujourd’hui la tombe la tombe du roi d’Araucanie. Si vous passez par le village de Tourtoirac n’hésitez pas à vous arrêter sur la tombe de cet homme extraordinaire dont l’histoire et la mémoire, comme celle des mapuches, méritent de ne pas être oubliées.

Les nèfles

Ce mardi 13 octobre 2020, lors d'une de nos longues promenades et avec notre culture nature, nous parcourons les sentiers et forêts à la recherche de fruits, de baies et de champignons sauvages. Nous sommes tombés sur un néflier sauvage qui possédait plein de fruits, que nous avons cueillis, bien évidement. Un fois rentrés à la maison, nous nous sommes donc lancés dans la gelée de nèfles. Nous n'avons pas attendu qu'elles deviennent blettes. La confiture est succulente et allons très bien. Alors que tous les autres fruits ont disparu des arbres, les nèfles viennent à point après les premières gelées. En ces temps d’abondance, le fruit du néflier a été un peu oublié et pourtant, sa saveur délicate accompagne en douceur l’arrivée de l’hiver. La découverte des vertus du néflier remonte du temps de Théophraste, dans la Grèce antique. Ce dernier connaissait trois variétés de nèfle, qui présentent les mêmes vertus, apparemment développées en Asie occidentale. Les armées romaines rapportèrent l’arbuste en Italie à la suite des guerres de Macédoines. La légende voudrait que ce soit Jules César, lui-même, qui a introduit le néflier en Gaulle, mais de sérieux témoignages laissent à penser qu’il y était déjà présent. Les nèfles sont un fruit ancien, oublié et méconnu qui se consomme après blettissement. Ce fruit autrefois très commun est immangeable même lorsqu’il est mûr et il faut attendre qu’il fermente pour qu’il devienne sucré et savoureux. Le blettissement donne aux nèfles la consistance d’une pâte molle peu appétissante. Si vous la gouttez sans vous attarder à son aspect, vous découvrirez un fruit sucré à la saveur incomparable rappelant vaguement la crème de noisette. Il a la particularité de ne pas contenir de saccharose mais uniquement du dextrose et du lévulose (sucre inverti). Les nèfles sont prêtes à être consommées lorsqu’elles deviennent toutes molles. Elles changent alors de couleur et leur peau devient plus foncée et est presque noire. La peau reste ferme et pour la consommer il faut donner un coup de dent ou de couteau pour l’entamer. On peut ensuite manger la nèfle en appuyant dessus et en aspirant sa chair comme si c’était un berlingot de compote ou un tube de lait concentré sucré. Les nèfles peuvent être consommées crues, en compotes, gelées, confitures ou même en accompagnement de viandes blanches. Attention dans tous les cas à ne pas consommer ses noyaux (les nèfles ont de petits noyaux qui ressemblent à des pépins) qui contiennent de l’acide cyanhydrique. Son tronc tortueux donne naissance à de nombreux rameaux qui portent des feuilles larges et allongées, prenant en automne une magnifique couleur bronze teintée de rose. Ses grandes fleurs blanches, qui s’épanouissent au mois de mai, produisent des fruits globuleux surmontés de cinq longs sépales persistants, bruns à maturité, les « nèfles ». Celles-ci renferment des tanins, des sucres (glucose et fructose), de la pectine, des acides organiques, en particulier malique et tartrique, ainsi que des vitamines B et C. Récolter les fruits Sa feuille est ovale à l’extrémité pointue, d’un vert sombre qui se teinte de marron quand le fruit approche de sa maturité. En mai, le néflier se couvre de fleurs blanches parfois un peu rosées. Au début de l’automne, le fruit, petit, rond et d’un vert tournant sur le marron, ponctué d’un œil cerné de cinq sépales, est formé, mais encore dur et acide. Il faut attendre la fin de l’automne et les premières gelées passées pour le cueillir. La nèfle doit être ferme et rebondie lorsqu’elle est entière, et à l’intérieur, la chair se présente autour des cinq pépins comme une purée marron au goût à la fois sucré et acidulé. Si les premières gelées tardent ou si elles sont insuffisantes, une semaine au congélateur permet d’affiner la maturité du fruit. Ses bienfaits Si le bois, solide et souple, a longtemps servi pour la confection du makhila, le bâton du berger basque, le fruit lui aussi avait son utilité. Aliment riche en vitamines B et C, en tanin et en pectine, la nèfle était préconisée pour résoudre les désordres intestinaux. L'usage du néflier se rencontre le plus souvent dans le traitement de diarrhée, plaie, aphte, problèmes d'estomac, problème de peau et inflammation de la gorge. En effet, cette plante possède des propriétés à la fois astringente : ses feuilles sont utilisées en gargarismes pour traiter les aphtes, les plaies de bouche et les maux de gorge ; diurétique, cet arbre fruitier caduc est excellent pour arrêter le flux. En outre, elle fortifie les muqueuses intestinales à tel point que le malade peut, petit à petit, relâcher son régime.
Par ailleurs, elle est très digestible. La nèfle est supportée par les estomacs les plus délicats. Les déguster et les conserver La chair de la nèfle se cache sous une peau fine. Le plus simple est de la déguster telle que, en ouvrant le fruit en deux et en le dégustant à la petite cuillère, en prenant soin de recracher les pépins. Il est aussi possible de le congeler et le décongeler entier, sans gâter le fruit. C’est même conseillé si le fruit est trop dur et acide et ce, pendant une semaine pour parfaire sa maturité. La nèfle pourra ainsi attendre juste ce qu’il faut pour apporter sa touche acidulée en accompagnement d’un foie gras le soir de Noël. Pour une conservation plus longue, la nèfle se prête aux confections de confitures, de pâte de fruits, de compotes – qui elles-mêmes pourront servir de base pour des sauces – et même de vin de nèfles, en la faisant fermenter avec de l’eau. Les fruits se cuisent entiers, pour mieux séparer après la chair des pépins et de la peau. Son goût se marie très bien avec la pomme, un peu comme la saveur du coing.

Le cynorrhodon

Rosa vient possiblement d'un mot sanscrit qui signifierait « flexible », sans qu'on sache de la flexibilité de quoi au juste il s'agit. Ce qu'on sait, c'est que, à quelques variantes orthographiques près, le mot est le même dans toutes les langues européennes, ce qui serait une indication de sa très grande ancienneté. « Cynorrhodon », ce mot détestable qu'on n'arrive jamais ni à écrire ni à prononcer correctement, vient du grec kunorodon, qui signifie littéralement « rose de chien », par allusion à ses propriétés alléguées de protéger contre les morsures de chiens enragés. Le nom de la variété Rosa canina (rose de chien) renvoie lui aussi à cet usage médicinal tellement ancien qu'on n'en retrouve aucune trace dans les matières médicales des derniers siècles. À noter que « cynorrhodon » désigne tout particulièrement le réceptacle rouge renfermant les fruits (qu'on appelle à tort « graines ») du rosier et de l'églantier, soit la partie utilisée en cuisine ou en médecine. On a également appelé la plante « gratte-cul » à cause des poils attachés aux graines - aux fruits, pardon - et que les enfants utilisaient autrefois comme poil à gratter. Cette tradition s'est également retrouvée chez les Amérindiens qui affirmaient que ceux qui consommaient les poils se trouvaient affligés de pénibles démangeaisons au postérieur. « Églantier » vient du latin populaire aquilentum, « qui a des piquants », de acus, « pointe, aiguille ». Contrairement à ce que l'on entend dire parfois, « églantine » ne désigne pas le fruit mais la fleur. Au Québec, on a parfois désigné l'églantier sous le nom de « cébreur », par déformation du nom populaire anglais sweetbrier. Toutefois, le brier de sweetbrier serait, lui, une déformation du français « bruyère », arbuste que ce nom désigne, lequel nom, par parenté de forme, les anglophones ont aussi attribué au rosier sauvage. Ah! La fluidité des langues! Les baies de diverses variétés de rosier sauvage étaient consommées par de nombreuses peuplades amérindiennes sur tout le territoire où il pousse. Elles étaient considérées comme un excellent aliment de survie dans la mesure où elles restent accrochées au plant tout l'hiver. On en faisait une décoction et chez certaines peuplades, une bière. En été, on consommait également les pétales des fleurs. Les Pied-Noirs broyaient les baies et les mélangeaient avec du pemmican. En passant, saviez-vous que depuis 1819 - date de sa découverte par un marin et explorateur anglais - le pemmican est la nourriture de base de toutes les expéditions polaires à cause de sa très haute valeur nutritive, de son volume réduit et de son exceptionnelle conservation? Composé originellement de viande séchée, pulvérisée et mélangée à de la graisse, cet aliment traditionnel des Amérindiens de la Baie d'Hudson a connu quelques variantes modernes mais le principe de base reste exactement le même : pour l'essentiel, de la viande séchée et un corps gras, auxquels on ajoutera éventuellement de la poudre de légumes, de la poudre de céréales, quelques fruits séchés et du sucre. Les Esquimaux de l'Alaska confectionnaient une sorte de pouding avec de la pulpe écrasée de cynorrhodons, de l'huile de phoque, de l'eau et du sucre. Ils ajoutaient également les baies à un plat composé de queues de saumon pré-mastiquées (pré-mastiquées? Seigneur! J'entends d'ici les protestations des inspecteurs des aliments!) et séchées. Aujourd'hui, elles sont plutôt préparées en sirop, confiture, gelée, marmelade et ketchup, seules ou mélangées à divers autres fruits. Les Tanainas les mélangent à de la graisse ou des oeufs de poisson, ou encore les battent avec un corps gras pour en faire une sorte de crème glacée. Dans certaines tribus, les feuilles étaient placées dans la fosse à cuisson afin d'aromatiser les plats que l'on cuisait dans la braise. On a également fait une décoction des feuilles et des jeunes rameaux. Homo sapiens sapiens et sa conjointe ne sont pas les seuls à rechercher cette baie légèrement acidulée. Il semblerait, en effet, que les Ursus - sans distinction d'espèce ou de sexe - y voient un aliment de pré-hibernation de choix. Les baies de toutes les variétés de rose - sauvages ou cultivées - se consomment mais, parmi les variétés sauvages, celle du Rosa rugosa est la plus grosse et, par conséquent, la plus facile à apprêter. Toutefois, lors de promenades, on est beaucoup plus susceptible de tomber sur Rosa blanda, que, malgré son surnom de « rose de cochon », il ne faudrait surtout pas sous-estimer. On devrait les cueillir de préférence après un premier gel, ce qui a pour effet de les attendrir. Il faut impérativement éviter de récolter les baies sur des plants que l'on soupçonne d'être traités aux produits chimiques. Quelle que soit la recette employée, tenez compte des points suivants : juste avant la cuisson, préparer les baies en coupant les deux extrémités avec des ciseaux; comme les baies sont acides, il vaut mieux utiliser des ustensiles et casseroles en bois, acier inoxydable ou pyrex pour éviter qu'elles ne noircissent au contact d'un métal oxydable; cuire rapidement en couvrant afin de limiter la perte de vitamine C; filtrer à travers un fin tamis pour éliminer les graines et leurs poils, qui sont irritants. On peut en faire de la bière, du vin, de la gelée ou des confitures. Les Suédois en font une soupe, qu'ils mangent chaude ou froide et qu'ils préparent en broyant les baies et en les faisant bouillir une dizaine de minutes. Passer, remettre sur le feu, amener à ébullition et épaissir avec 4 cuillères à soupe de fécule de pomme de terre ou de farine diluée dans 2 tasses d'eau froide. Très riche en vitamine C - toutes proportions gardées, la baie serait 20 fois plus riche en cette vitamine que l'orange - on l'a employée pour combattre les infections, la grippe tout particulièrement. On raconte que durant la deuxième grande guerre, les Anglais et les Scandinaves étaient entièrement privés d'agrumes et qu'ils comptaient exclusivement sur la confiture de baies d'églantier comme source de vitamine C. Probablement pour les mêmes raisons, le cynorrhodon a servi à soigner la lassitude et l'asthénie. On le prenait à raison de 2 cuillères à soupe de pulpe séchée et réduite en morceaux, que l'on faisait infuser dans un litre d'eau froide (ou 2 à 5 g par tasse d'eau), amenait à ébullition, filtrait et buvait. On l'a également employé comme astringent pour combattre la diarrhée, la dysenterie, la leucorrhée et les hémorragies. En Chine, où les emplois médicinaux de la rose sont attestés depuis près de 30 siècles, les baies d'une variété locale sont employées contre les dysfonctions de l'appareil urinaire et, à cause de leur astringence, contre la diarrhée chronique. Préparées en sirop, on les a beaucoup employées pour donner une saveur agréable à ces potions médicinales que, de tout temps, les enfants se sont attachés à recracher systématiquement, au mépris de tout bon sens. Les pilules de quinine, notamment, qui étaient extrêmement amères et qu'on enrobait d'une « confection de roses canines » préparée à raison d'une partie de pulpe pour deux parties de sucre que l'on triturait ensemble jusqu'à obtention d'une pâte uniforme. Les « graines » et leurs poils sont réputés être diurétiques. Il faut s'assurer de bien passer la tisane avant de la prendre. Une des meilleures manières de conserver aux baies toute leur richesse en vitamine C, c'est de préparer une purée crue. On prélève la chair en éliminant les graines et leurs poils et on la passe tout simplement au mélangeur. On peut ajouter cette purée aux céréales du matin ou à de la compote. Mais il faut la consommer dans les plus brefs délais car elle ne se conserve pas. Les fleurs ont surtout servi en cosmétique. Grâce à leurs propriétés astringentes, elles sont censées resserrer les pores de la peau et en raffermir le grain. On les a également employées comme laxatif doux et comme cicatrisant dans les aphtes, les plaies fongueuses et l'inflammation des paupières. Le « bédégar », une galle provoquée sur les feuilles de l'églantier par un insecte, était jadis employé comme vermifuge, diurétique et lithotriptique mais, plus tard, on s'en est servi exclusivement comme astringent.

Copyright © 2013-2021 Blogueurs influenceurs local en Charente et Périgord (Blog Personnel) ; Tous droits réservés
  • Noir Facebook Icône
  • Noir Icône Instagram
  • Noir Twitter Icon
  • Noir Icône YouTube
  • Gris Facebook Icône

« Protection de la vie privée : l'article 9 du Code civil, chacun a droit au respect de sa vie privée. Les juges peuvent, sans préjudice de la réparation du dommage subi, prescrire toutes mesures, telles que séquestre, saisie et autres, propres à empêcher ou faire cesser une atteinte à l'intimité de la vie privée ; ces mesures peuvent, s'il y a urgence, être ordonnées en référé. »

« Le Code de la propriété intellectuelle et artistique n'autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l'article L.122-5, d'une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d'autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite » (alinéa 1er de l'article L. 122-4). « Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. » Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle réservés pour tous pays sans le consentement de l’auteur.